Le FBI s’inquiète des délits d’initiés sur messagerie sécurisée
Les terroristes ne sont pas les seuls à recourir aux messageries sécurisées pour échapper à la surveillance des autorités. Une affaire jugée la semaine dernière aux Etats-Unis montre que c’est aussi le cas des «criminels en col blanc», ces employés de bureau commettant des infractions pénales.
Le 16 août, la Securities and Exchange Commission (SEC), le gendarme américain des marchés financiers, un procureur de l’Etat de New York et le directeur-adjoint du bureau du FBI à New York ont annoncé l’arrestation de cinq individus pour plusieurs délits d’initiés ayant permis d’obtenir 5 millions de dollars de bénéfices illicites entre août 2014 et avril 2017. Originalité: ils ont utilisé «une application mobile de messagerie cryptée qui permet aux utilisateurs de prévoir un minuteur afin que les messages se détruisent irrémédiablement». Les représentants de l’accusation la nomment «The App» sans en citer une comme Snapchat, Signal ou Telegram.
Le fournisseur des informations, Daniel Rivas, est un ancien employé des services informatiques de Bank of America. Il travaillait sur le logiciel hébergeant une liste de rachats confidentiels à venir, avec le nom de la cible et de l’acquéreur, le montant de la transaction et la date d’annonce prévue. L’informaticien aurait cédé trente fois à la tentation entre 2014 et 2017, mettant en tout onze personnes dans le coup, selon la SEC.
L’encodage est «un problème croissant», a averti hier dans le Financial Times John Casale, un agent spécial adjoint du FBI en charge des crimes financiers complexes au bureau de Manhattan: «Les nouvelles technologies sont mises à disposition et on sait qu’elles seront utilisées, et que cela pourrait l’être pour de la fraude, du blanchiment ou du délit d’initié.» Les agents du FBI constatent que les «criminels en col blanc» s’adaptent, en quittant les conversations de groupe sur Bloomberg pour des pages de réseaux sociaux comme Facebook ou Instagram.
En mars dernier, le régulateur britannique, la Financial Conduct Authority (FCA), a rendu sa première décision en lien avec une messagerie instantanée. Elle a requis 37.198 livres d’amende contre Christopher Niehaus, ancien responsable de la clientèle de groupes industriels européens pour la banque d’investissement de Jefferies. Début 2016, il s’était vanté sur WhatsApp auprès de ses amis en communiquant des informations confidentielles sur des clients.
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