Le fardeau des catastrophes naturelles plonge Munich Re dans le rouge
Le PDG de Munich Re, Nikolaus von Bomhard, l’a dit hier sans détours face à ses actionnaires : les comptes du premier trimestre qui seront publiés le 9 mai accuseront une perte. Le groupe a connu un trimestre noir sur le plan des catastrophes naturelles. L’addition s'élève d’ores et déjà à 2,7 milliards d’euros pour le leader mondial du secteur.
Le séisme, le tsunami et l’accident nucléaire qui ont frappé le Japon représentent le plus lourd tribut : 1,5 milliard d’euros. Le tremblement de terre néo-zélandais a pour sa part pesé à hauteur de 736 millions d’euros. Ces éléments avaient déjà conduit le groupe munichois à indiquer le mois dernier qu’il n’atteindrait pas son objectif de bénéfice net de 2,4 milliards d’euros pour 2011. Il continue toutefois de tabler sur un résultat positif cette année.
Quel impact possible sur l'équilibre économique du secteur ? Au Japon, où la plupart des traités de réassurance sont renouvelés le 1er avril, Munich Re précise être convenu avec certains clients «de maintenir leur couverture pour le risque sismique aux conditions et termes existants pour une période de quelques semaines vu l’examen en cours des demandes de dédommagement».
Pour la suite de l’exercice, Munich Re s’attend à des hausses générales de tarifs. Selon JPMorgan, les 50 milliards d’euros de pertes du secteur sur le trimestre ont épuisé la couverture de rétrocession. Pour la reconstituer, les plus petits réassureurs devraient payer 20% de plus, et à leur tour, infliger une hausse de 5% à leurs clients primaires. «Nous pensons que cette augmentation des tarifs bénéficiera aux grands réassureurs qui achètent très peu de rétrocession de couverture», estimait Michael Huttner, analyste chez JPMorgan, dans une note du 4 avril. Un bon point pour Munich Re.
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