Le dynamisme de la banque polonaise Alior attise les convoitises
Dans un marché bancaire polonais dynamique et concurrentiel, toutes les occasions sont bonnes pour pousser ses pions. Le quatrième réseau du pays, Alior Bank, contrôlé à 26% par Carlo Tassara, la holding du financier franco-polonais Romain Zaleski, susciterait ainsi l’intérêt de la Société Générale, selon des sources relayées par Bloomberg. L’agence ajoute que le milliardaire Leszek Czarnecki, qui contrôle déjà les établissements polonais Getin Bank et Idea Bank, serait aussi sur les rangs.
Si ces rumeurs n’ont pas été commentées par la Société Générale, contactée par L’Agefi, elles iraient en tous les cas dans le sens de son plan stratégique 2016. Présenté en mai dernier, celui-ci prévoit des acquisitions ciblées et de petite taille, notamment dans la banque de détail en Europe. Jeudi soir, le cours d’Alior Bank valorisait la participation de Carlo Tassara à 1,45 milliard de zlotys (340 millions d’euros).
Alors que les marchés d’Europe occidentale souffrent d’une atonie de la demande de prêt, un tel mouvement permettrait à la Société Générale de se renforcer sur une économie en croissance, où la banque est pour l’heure présente via un bureau de représentation (depuis 1976) et une filiale opérationnelle (depuis 1992). Les analystes de la banque Erste Group anticipent une croissance des encours de prêts polonais de 7,8% en 2015, après une progression estimée à 14,7% en 2014.
Dans cet environnement porteur, Alior Bank s’est signalée en enregistrant une hausse de 26% de son produit net bancaire sur les neuf premiers mois de 2014, à 1,4 milliard de zlotys. Le profit net de la banque, créée en 2008, a quant à lui augmenté de 48% sur la période, à 252 millions de zlotys, et devrait selon Erste Group atteindre respectivement 315 et 352 millions en 2014 et 2015. A la fin septembre, la banque comptait 2,5 millions de clients, contre seulement 1,4 million à l’époque de sa cotation en Bourse, en 2012.
«La banque affiche une forte croissance en volume, qui selon nous devrait plus que compenser la pression imminente sur les marges d’intérêts», expliquent les analystes d’Erste. Malgré cette compression des marges, liée à la concurrence féroce que se livrent les neuf plus importants acteurs du secteur, ainsi qu'à l’assouplissement monétaire conduit par la NBP, Alior Bank devrait voir ses revenus d’intérêts progresser l’an prochain de près de 10%.
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