Le départ de Bertrand Badré de CASA suscite des interrogations

Le directeur financier de la banque part en pleines négociations sur la dette grecque et peu avant la publication des tests de résistance
Antoine Landrot

Changement de taille à la direction du groupe Crédit Agricole SA (CASA), la structure cotée de la banque verte. Bertrand Badré, son directeur financier, sera remplacé par Bernard Delpit, son homologue à La Poste. L’information, publiée hier sur le site Wansquare, a été confirmée dans la journée par l’établissement.

Ce changement est le dernier renouvellement des postes clés au sein de CASA et de ses filiales, mis en œuvre par Jean-Claude Chifflet depuis son arrivée à la direction générale, début 2010 (L’Agefi du 2 décembre 2010). Ce dernier tourne définitivement la page de la crise financière. Bertrand Badré était arrivé le 1er octobre 2007.

Certains cadres de la banque s’interrogent sur l’opportunité de cette décision à une semaine de la publication des tests de résistance imposés aux banques européennes (le 13 juillet), et en pleine période de négociation sur la dette souveraine grecque. Sur ce point, la banque verte, qui contrôle la quatrième banque du pays (Emporiki), est particulièrement exposée. Faut-il y voir un élément de tension au moment où les institutions financières, au premier rang desquelles les banques françaises, négocient la reconduction de la dette grecque, avec une nouvelle réunion prévue aujourd’hui à Paris ?

Les analystes ne sont pas non plus restés sans réaction. Si le départ de Bertrand Badré, leur interlocuteur privilégié notamment à Londres, paraissait à terme inévitable, la date choisie étonne. Certains se demandent pourquoi la direction ne lui a pas laissé le soin de présenter les comptes semestriels, le 25 août prochain.

Mais CASA insiste sur le fait que ses finances ne sont pas sans pilote: Michel Mathieu, directeur général délégué en charge des fonctions centrales, dont dépendra Bernard Delpit, assurera l’intérim jusqu’au 29 août, et l’équipe reste inchangée. En outre, le départ et la nomination ont été annoncés de concert, signe que la transition n’est pas improvisée.

Le profil de Bernard Delpit correspond enfin à celui de son prédécesseur, à la fois financier et politique: inspecteur général des finances, il a intégré le cabinet de l’Elysée en 2007 comme conseiller pour les finances publiques puis conseiller économique. Il a travaillé ainsi sur les dossiers des restructurations bancaires à Bercy pendant la crise financière. Ne dédaignant pas les rapports de force, l’homme devra se couler dans le moule du groupe mutualiste.

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