Le démantèlement de Dexia profite à sa solvabilité

Le besoin en capital de 4 milliards d’euros fixé par l’Autorité bancaire européenne tombe à 1,7 milliard après restructuration de la banque
Antoine Landrot

Aussi étonnant que cela puisse paraître, le démantèlement en cours de Dexia a été l’occasion pour la banque franco-belge d’annoncer une bonne nouvelle. L’évaluation des besoins en fonds propres menée par l’Autorité bancaire européenne (EBA) dans le cadre du sommet européen de mercredi soir fait état d’un déficit de 3,9 milliards d’euros pour le groupe – représentant la totalité du montant échu au secteur bancaire belge.

Mais calculé à partir du bilan de Dexia au 30 juin dernier, ce montant ne tient pas compte du plan de restructuration annoncé la semaine dernière et de la vente de filiales programmée dans les mois qui viennent. Ainsi, explique l’établissement dans un communiqué, «la finalisation de la vente de Dexia Banque Belgique, pour un montant de 4 milliards d’euros, a eu le lieu le 30 octobre 2011. Sur la base de la méthodologie utilisée par l’EBA, cette vente réduit le déficit en capital de 2,2 milliards d’euros, à 1,7 milliard». La transaction produit une moins-value de 3,8 milliards au 30 juin, mais elle permet de libérer 42 milliards d’euros d’actifs pondérés, musclant de deux points le ratio de solvabilité de la maison mère.

D’autres opérations lui permettront en outre de renforcer ses fonds propres. Des négociations concernant Dexia Banque Internationale au Luxembourg (BIL) sont en cours avec un consortium mené par le Qatar, avec le soutien de l’Etat luxembourgeois. Elle pourrait rapporter 900 millions d’euros. D’autres discussions sont en cours et concernent la filiale turque Denizbank, où les prétendants, dont certains du Golfe, semblent nombreux: selon les sources, Dexia pourrait en retirer jusqu’à 6 milliards de dollars (4,4 milliards d’euros). Dexia Asset Management, dont les 49% détenus par Dexia Banque Belgique ont été transférés à la maison mère, sera étalement vendu, si possible d’ici à la fin de l’année.

Le plan de Dexia comprend aussi la cession à la Caisse des dépôts et à la Banque Postale de 70% de DexMa, sa structure de refinancement, qui rapportera 250 millions et contribuera aussi à la réduction de son bilan.

Prié de préciser si le plan en vigueur excluait catégoriquement toute perspective d’augmentation de capital via l’argent public, un porte-parole a répondu à L’Agefi que «les cessions prévues amélioreront la position de fonds propres du groupe». Il est certain que la volonté des actionnaires de Dexia est d’éviter toute injection de capital.

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