Le démantèlement de Dexia commence par les activités luxembourgeoises
Dexia n’a pas traîné pour entamer la cession de ses filiales. L’établissement franco-belge, en cours de démantèlement, est entré en négociation exclusive avec un «groupement d’investisseurs internationaux» en vue de lui vendre Dexia Banque Internationale à Luxembourg (BIL), a-t-il fait savoir hier dans un communiqué.
Parmi eux se trouve l’Etat luxembourgeois. Ce dernier n’est pas actionnaire du groupe Dexia contrairement à la France et à la Belgique, mais il avait participé au mécanisme de garanties publiques mis en place en 2008 au moment de son sauvetage. «Vu le caractère systémique de la BIL, l’Etat luxembourgeois entrera comme actionnaire minoritaire dans le capital de la banque», a indiqué dans un communiqué le ministre des Finances Luc Frieden. Les négociations pourraient s’achever à la fin du mois.
Des articles de la presse belge évoquent également la présence du fonds souverain du Qatar parmi le consortium de repreneurs, une information que Dexia n’a pas voulu commenter. Les autorités belges ont d’ailleurs demandé – et obtenu – la suspension du cours de Bourse de la banque en fin d’après-midi, alors que l’action perdait plus de 17%, pour obtenir davantage de précisions de sa part.
Le périmètre concerné par la vente ne concerne que BIL proprement dit, c’est-à-dire les activités de banque privée, de banque commerciale et de banque de détail au Luxembourg, qui comprennent un réseau de 40 agences. Sont donc exclues RBC Dexia, la filiale de services aux investisseurs détenue à parité avec Royal Bank of Canada, ainsi que Dexia Asset Management (AM), dont Dexia Banque Belgique détient 49%.
Le prix de 900 millions d’euros a été avancé par la presse d’outre-Quiévrain. Un tel montant est bien difficile à extrapoler. Selon le rapport financier au 30 juin 2011, BIL hors filiales totalisait 13,6 milliards d’euros de dépôts et 9,1 milliards d’euros de crédits. Le rapport annuel 2010 indique qu’elle était la banque principale de 14% des Luxembourgeois. Le produit net généré par l’ensemble des activités du groupe dans ce pays a atteint 642 millions d’euros en 2010.
«Fin 2010, nous avions valorisé l’ensemble de BIL, filiales comprises, à 2 milliards d’euros, sur la base d’un ratio de fonds propres durs de 10% des actifs pondérés, soit 1,5 milliard d’euros et d’un résultat net estimé en 2012 à 133 millions», explique un analyste.
Plus d'articles du même thème
-
M&G Investments recrute un responsable distribution chez Keren Finance
Cyprian Gendry rejoint une équipe de quatre personnes dédiée au marché français. -
Vanguard s'inquiète de la dégradation du crédit français
Vanguard prévient que « la dégradation » de la qualité de crédit de la France devrait faire grimper encore davantage ses coûts d’emprunt, à mesure que s’accroissent les inquiétudes des investisseurs face à l’incapacité du gouvernement à réduire son déficit budgétaire, rapporte le Financial Times, qui a interrogé Ales Koutnny, responsable des taux internationaux. Selon la société de gestion, l'élection présidentielle pourrait assombrir encore les perspectives des finances publiques françaises déjà sous tension si les candidats de l’extrême gauche à l’extrême droite refusent de soutenir des coupes budgétaires impopulaires, et le pays pourrait subir de nouvelles dégradations de sa note. Vanguard sous-pondère les obligations d'État françaises par rapport à son indice de référence. -
Robinhood ouvrira le trading d'actions américaines le week-end
Robinhood a annoncé mardi qu’il permettra à ses utilisateurs de négocier certaines actions américaines 24 heures sur 24 le week-end, selon Reuters.
ETF à la Une
Contenu de nos partenaires
-
Cash« On a besoin de plus de cash » : le casse-tête financier des démocrates pour les midterms
A un mois des élections de mi-mandat, le Parti démocrate est, certes, favori des sondages, mais il peine encore à remplir ses caisses et à s'accorder sur une stratégie de dépenses -
Du gaz dans l'eauEnergie : les Européens face à l’hiver « très difficile » qui arrive
Les Vingt-Sept disposent d’un nombre limité de leviers pour éviter une crise des prix -
Course de lenteurJordan Bardella-Mediapart : pourquoi la justice ne tranchera sans doute pas avant la présidentielle
Diffamation, citation directe, plainte pour faux… Vingt-quatre heures après l'enquête de Mediapart lui attribuant des écrits antisémites, qu'il dénonce comme des « faux grossiers », Jordan Bardella n'a pas encore choisi son arme judiciaire. Or ce choix pourrait décider de l'issue et de son calendrier