Le Crédit Mutuel espère s’allier à l’automne avec le groupe Desjardins

Les deux établissements coopératifs négocient un accord-cadre couvrant la monétique, l’informatique, la banque privée et le capital risque
Alexandre Garabedian

Montréal, terre promise pour le Crédit Mutuel. Le CM-CIC compte boucler à l’automne un accord-cadre d’envergure avec le Mouvement Desjardins, le groupe coopératif québécois. De sources concordantes, l’annonce en a été faite fin juin au sein de plusieurs instances du groupe français, en présence d’une délégation de dirigeants de la banque canadienne, menée par sa présidente Monique Leroux.

Statut coopératif oblige, les deux institutions se connaissent bien et ne cachaient pas ces derniers mois leurs réflexions. Le groupe canadien a ouvert en 1989 aux Assurances du Crédit Mutuel le capital de sa filiale d’assurance, qui compte comme administrateur Michel Lucas, le PDG de la banque française. Plus récemment, en mars dernier, les sociétés de Bourse des deux établissements ont signé un partenariat dans le courtage actions afin de distribuer en Europe la recherche de Desjardins sur les sociétés cotées au Canada.

L’accord-cadre en discussions depuis plusieurs mois est cependant beaucoup plus large. Il prévoit des coopérations dans la monétique, l’informatique et la télésurveillance, domaines d’expertise du Crédit Mutuel. En mettant ses compétences à la disposition de son partenaire canadien, le groupe espère, d’une part, pénétrer le marché nord-américain à travers l’activité monétique, et d’autre part, réduire le point mort de ses usines de traitement.

La banque privée et le capital-risque sont aussi concernés. La Banque Transatlantique, la filiale du CIC connue comme la «banque des expatriés», ouvrirait à cette occasion un bureau à Montréal. Un rapprochement des fonds de capital risque des deux groupes – domaine où Desjardins est en avance – serait aussi au menu. Enfin, le Mouvement, désireux de se développer en dehors de ses frontières, devrait ouvrir un bureau de représentation en France. Une incursion européenne que lui permet sa solidité financière: avec 12,5 milliards de dollars canadiens de fonds propres au 30 juin, la sixième banque du Canada par les dépôts affiche un ratio de solvabilité de 17,2%.

Reste un point à préciser, celui des échanges capitalistiques et de la gouvernance. L’accord pourrait en effet s’accompagner de prises de participations croisées au niveau des organes de tête (holding Desjardins et Banque Fédérative du Crédit Mutuel) et de leurs filiales.

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