Le Crédit Mutuel CIC constate l'échec de sa stratégie d’expansion en Italie
Annoncée le 27 décembre, la fin des accords commerciaux entre la Banca Popolare di Milano (BPM) et le Crédit Mutuel CIC sanctionne les difficultés du groupe mutualiste français à s’étendre en Italie. La banque milanaise lui a signifié que l’accord de partenariat qui les lie jusqu’au 31 décembre 2013 ne sera pas renouvelé. Ce sera alors la fin d’une aventure vieille de dix ans.
Les deux groupes avaient signé leur alliance en 2002, avec prises de participations croisées et sièges d’administrateurs à la clé. BPM détenait fin 2011 un peu moins de 1% du CIC, tandis que ce dernier a porté à 6,8% sa part chez Popolare après l’augmentation de capital de 800 millions d’euros de la banque milanaise.
A l’origine, le partenariat devait couvrir la monétique et la distribution de produits d’assurance et de crédit à la consommation dans le réseau de BPM. Si Michel Lucas, son initiateur, dirige toujours le Crédit Mutuel, son homologue italien, Roberto Mazzotta, a laissé son fauteuil de président à Massimo Ponzellini, qui a à son tour quitté la banque en 2011. Le nouveau patron de l’établissement lombard, Andrea Bonomi a engagé une restructuration et passé en revue les accords signés par ses prédécesseurs.
Le très discret Crédit Mutuel CIC ne s’est jamais montré disert sur les résultats commerciaux de ce partenariat. Sur le plan financier, en revanche, le bilan est négatif. Le CIC comptabilise son investissement par mise en équivalence car il exerce une influence notable au conseil de BPM. Cette dernière étant en perte, il en intègre donc sa quote-part. Par ailleurs, la banque française a passé en 2011 une dépréciation de 152 millions d’euros sur sa ligne. Seule consolation, elle a vendu pour 100 millions à BPM les 6,5% qu’elle détenait dans un petit établissement italien, Banca di Legnano. Au total, l’investissement dans Popolare di Milano lui a coûté 73 millions d’euros en 2011.
Le dossier illustre une nouvelle fois les limites de la stratégie de prises de participations minoritaires menées à l’étranger dans les années 1990 et au début des années 2000 par les groupes coopératifs français, à l’image de Groupama dans Mediobanca ou du Crédit Agricole.
Depuis, le CM-CIC a opté pour des acquisitions pures et simples, comme Targobank en Allemagne, ou des filiales à 50/50 avec apports d’actifs, avec Banco Popular en Espagne. Une méthode plus coûteuse, mais qui a le mérite de la clarté.
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