Le Crédit Agricole solde sa douloureuse aventure grecque
Crédit Agricole SA (CASA) tourne la page de sa périlleuse aventure en Grèce. A la suite des négociations exclusives ouvertes début octobre avec Alpha Bank, la banque verte a annoncé la cession d’Emporiki à la banque grecque. Cette opération doit se solder par une perte de 2 milliards d’euros dans les comptes du troisième trimestre, qui seront dévoilés le 9 novembre prochain. Les analystes anticipaient jusqu’à présent un bénéfice de l’ordre de 365 millions d’euros.
«La fin de ce chapitre devrait avoir un effet positif sur les spreads du Crédit Agricole», estime CreditSights. «Les paramètres (de l’opération) sont très proches des attentes», relève Oddo. CASA devra recapitaliser Emporiki de 550 millions d’euros, qui s’ajouteront à l’augmentation de capital de 2,3 milliards d’euros réalisée en juillet, et souscrira parallèlement à 150 millions d’euros d’obligations convertibles en actions Alpha Bank. Le prix de cession s’élève à un euro symbolique.
Le financement de CASA à Emporiki, qui sera abaissé à 1,4 milliard suite à ces opérations, devrait encore être réduit à environ 600 millions d’euros d’ici à la finalisation de l’opération fin 2012. Cette réduction sera engendrée par le transfert, au sein de Crédit Agricole CIB, d’un portefeuille de quelque 800 millions d’euros issu de l’activité de financement de bateaux d’Emporiki. Le financement résiduel, qui sera remboursé en trois tranches identiques au plus tard d’ici fin 2014, sera garanti par des «actifs financiers de qualité sélectionnés par CASA», selon les termes du communiqué. Il s’agira de «prêts non grecs», relève CreditSights.
La banque verte, conseillée par Nomura et Clifford Chance, se dit confortée dans l’atteinte de ses objectifs de solvabilité à fin 2013, à savoir un ratio core tier one supérieur à 10%. Ce ratio s’élevait à 9,6% à fin juin 2012, mais à l'échelon du groupe. Sur le périmètre CASA, Oddo l’estime à 6,3% seulement au 1er janvier.
Si les analystes ont globalement déploré un manque d’indications précises sur l’impact en termes de solvabilité, «il devrait être légèrement négatif à fin 2012», estime CreditSights. La perte de 2 milliards devrait en effet être compensée par une réduction des actifs pondérés du risque de 18 milliards.
Le titre a cédé hier 3% à 6,2 euros, les analystes expliquant ce recul par des prises de bénéfice. CASA a gagné 83% en trois mois.
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