Le Crédit Agricole se prépare à payer les conséquences de l’affaire BES

Le groupe devrait déprécier dans ses comptes publiés le 5 août sa part de 14,6% au capital de la banque portugaise, valorisée 815 millions d’euros fin 2013
Alexandre Garabedian

L’action Crédit Agricole SA a indirectement fait les frais hier des difficultés de Banco Espirito Santo. Dans un marché défavorable aux valeurs bancaires, le titre a plongé de 4,26% à 10,12 euros, après la publication par la banque portugaise, dont il détient encore 14,6% du capital, d’une énorme perte semestrielle de 3,6 milliards d’euros.

Il paraît désormais acquis que le groupe va déprécier, dans ses comptes du deuxième trimestre publiés le 5 août au matin, sa participation résiduelle dans Banco Espirito Santo. A fin 2013, celle-ci était comptabilisée par mise en équivalence et valorisée à 815 millions d’euros, soit environ un euro par action BES. Cette dernière a clôturé hier à 0,20 euros après une dégringolade de 42% sur la séance. La ligne doit normalement faire l’objet d’un test de dépréciation, un exercice que la volatilité du titre en Bourse complique. «Notre prévision de bénéfice net 2014 pour CASA est de 2,5 milliards d’euros. Celui-ci tomberait à 1,95 milliard si la part dans BES était dépréciée à zéro», calculaient hier les analystes crédit de la Société Générale.

Tout en jugeant la nouvelle négative pour le crédit de la banque française, Moody’s relativise l’enjeu en termes de fonds propres. «Si la participation de CASA et son exposition de crédit, dans le pire des scénarios, étaient totalement dépréciées, l’impact négatif sur le ratio common equity tier one (CET1) du groupe Crédit Agricole serait d’environ 20 points de base», soulignait l’agence dans une note publiée le 17 juillet. Moody’s y voit même l’occasion pour la banque verte d’accélérer sa rupture avec BES. Sérieusement distendus depuis deux ans, les liens avec le groupe portugais datent d’une époque révolue où CASA menait une stratégie aventureuse à l’international qui l’a conduit au désastre grec d’Emporiki.

Le Crédit Agricole échapperait en revanche, à ce stade, à d’éventuelles conséquences juridiques du scandale BES, selon des proches du dossier. La Banque du Portugal a pointé du doigt mercredi soir les responsabilités des administrateurs de Banco Espirito Santo. Une accusation qui ne concernerait que les membres du conseil liés à la famille et ceux siégeant au comité d’audit. Le Crédit Agricole compte cinq administrateurs sur 24 chez BES –un nombre qui devait être réduit à deux après l’augmentation de capital de la banque portugaise fin juin– mais aucun dans le comité d’audit.

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