Le Crédit Agricole est poussé à relever son offre sur Creval
Le cours de Bourse d’une banque qui monte n’est pas forcément une bonne nouvelle pour tout le monde. Celui de Credito Valtellinese (Creval), au-dessus de 12 euros hier, constitue un message clair adressé au Crédit Agricole : l’offre d’achat lancée par sa filiale à 75,6%, Credit Agricole Italia, sur la banque italienne Creval à 10,5 euros n’est pas assez élevée. Alors que Rome vient d’autoriser l’opération, les investisseurs pensent que la banque verte finira par relever son prix. Hier, la société de gestion activiste Petrus Advisers, qui détient 3% de Creval, a d’ailleurs déclaré qu’elle jugeait l’offre du Crédit Agricole «insuffisante».
Dans une étude publiée sur son site, l’activiste explique que la valeur de rachat de Creval dans le cadre d’une fusion avec Crédit Agricole Italia se situe dans une fourchette entre 15,3 et 21,1 euros par action. Dans le cas où cette offre échouerait, Petrus Advisors estime que la juste valeur de la banque, autonome, varie entre 13,2 et 17 euros par action. «Credito Valtellinese est une banque extrêmement solide avec un avenir prometteur. Petrus Advisers n’apportera pas ses actions à 10,50 euros, et recommande aux autres actionnaires de ne pas le faire», déclare l’activiste dans sa présentation.
Dès l’annonce du français de lancer une offre publique sur la banque italienne, le 23 novembre dernier, celle-ci avait marqué son désaccord. Elle avait qualifiée l’offre du Crédit Agricole d’«inattendue et sans accord», et avait mandaté des conseillers juridiques et financiers pour assister son conseil d’administration.
Depuis, la banque française n’a pas revu sa proposition, celle-ci devant être formellement déposée en avril prochain. Lors de la présentation des résultats du Crédit Agricole, Xavier Muscat, a déclaré que l’offre sur Creval était «dans un processus normal», et que le prix proposé était «un bon prix». Pour appuyer son propos, il a par ailleurs fait remarquer qu’«il n’y avait pas de contre-offre».
Bras de fer
«Au cours des vingt dernières années, il n’y a pas eu d’offre en cash sur une banque italienne. Nous sommes les premiers à le faire», faisait remarquer Xavier Muscat. Si la banque verte a semblé fermer la porte à un relèvement de son offre, il n’est pas dit qu’elle n’ait pas à céder. La nature des actionnaires de Creval, pour certains exclusivement financiers, ne les incite pas à faire un effort pour le Crédit Agricole et à lui laisser réaliser, comme le considère Petrus Advisers, «une affaire trop belle pour être vraie».
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