Le Crédit Agricole doit apporter des précisions sur l’avenir de son bilan
Le Crédit Agricole a beau avoir fait un point sur son programme de réduction de ses besoins de financement, dans le sillage de BNP Paribas et de la Société Générale, il reste des zones d’ombre. La banque verte a annoncé en début de semaine un programme de désendettement de 50 milliards d’euros d’ici à fin 2012 et une réduction de près de moitié de son financement de moyen et long terme 2012, qui affecteront principalement la BFI et les services financiers spécialisés.
Mais de l’avis de plusieurs analystes, des précisions manquent vis-à-vis de l’impact de ce plan sur le bilan et le capital. Surtout, il semble insuffisant. «Par rapport à ses concurrents locaux BNP Paribas et Société Générale, la taille des projets de ‘deleveraging’ est inférieure à nos attentes, compte tenu de sa structure de financement fragile au départ», juge RBS. Le broker souligne que la réduction de voilure en BFI et dans les services financiers spécialisés sera compensée par une hausse des dépôts. «La structure du financement va s’améliorer mais la taille absolue du bilan ne devrait pas changer», conclut RBS. De son côté, Natixis évalue à 3% la réduction du bilan de la banque en considérant que la baisse de 50 milliards du besoin de liquidité corresponde à un allègement équivalent du bilan. «Y a-t-il une réelle réduction du levier?», s’interroge pour sa part Exane BNP Paribas.
Le Crédit Agricole a également frustré les analystes concernant sa solvabilité. «Contrairement à la Société Générale, le Crédit Agricole n’a pas fourni de précision sur la manière dont cela pourrait affecter ses ratios de capital, sans doute car les actifs et les montants exacts à céder ne sont pas assez précis à ce stade», souligne CreditSights.
La plupart des analystes relèvent qu’aucun objectif de ratio CET 1 (common equity tier 1) n’a été donné pour la structure cotée, Crédit Agricole SA (CASA), mais uniquement pour l’ensemble du groupe. Le ratio de core tier 1 de CASA s’établissait à 8,9% à fin juin, et à 9,1% pour le groupe. La banque vise un ratio CET 1 de 9% pour l’ensemble du groupe «courant 2013». Exane note qu’elle avait pourtant indiqué lors d’une journée investisseurs en 2010 que son objectif était d’atteindre ce ratio dès le 1er janvier 2013. «Le groupe abaisse-t-il implicitement ses prévisions lorsqu’il vise un ratio de 9% en 2013 ?», se demande le courtier.
Plus d'articles du même thème
-
« Wall Street s’inquiète peut-être, mais Main Street va bien »
Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique chez Lombard Odier IM. -
«Notre vision plus constructive reflète une amélioration de l’éventail des opportunités»
Felix Freund, responsable du crédit des marchés développés chez Aberdeen Investments. -
PARTENARIATDette AT1 : trop d’acheteurs pour trop peu de papier ?
Entre offre et demande : décryptage des ressorts techniques d’un marché difficile à ignorer.
ETF à la Une
Defiance lance le premier ETF Ucits dédié aux «Sept Magnifiques»
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
Applaudimètre« Même si vous ne m’aimez pas » : au Bourget, la démonstration de force de Jean-Luc Mélenchon
Devant plus de 20 000 personnes selon les organisateurs, le candidat insoumis a présenté samedi la version actualisée de son programme L'Avenir en commun. Pour espérer battre Marine Le Pen, il compte sur des « causes communes » plutôt que sur des concessions. -
Sécurité européenne : les dirigeants européens rejettent le projet d’accord de Trump avec Moscou
Donald Trump promet la conclusion d’un vaste accord avec la Russie qui pourrait concerner « toute l’Europe ». À quelques jours de la reprise des pourparlers sur l’Ukraine à Abou Dhabi, les Européens préviennent que la sécurité du continent ne se négociera pas sans eux -
Introduction en Bourse d’Anthropic : le krach des valeurs de l’IA fait fondre la valorisation espérée
Après la chute historique du Nasdaq jeudi, les investisseurs intéressés par l’introduction en Bourse du créateur de Claude n’évoquent plus qu’une valorisation comprise entre 1 100 et 1 300 milliards de dollars, très loin des 2 000 milliards encore envisagés début octobre