Le Crédit Agricole détend un peu plus ses liens avec le Portugal
Lentement, le Crédit Agricole solde ses aventures expansionnistes passées. Après avoir bouclé sa sortie de l’espagnol Bankinter en septembre 2013, l’établissement mutualiste va profiter de l’augmentation de capital de Banco Espirito Santo (BES), la première banque portugaise par la capitalisation, pour réduire sa participation.
Au 31 décembre 2013, Crédit Agricole SA (CASA, la structure cotée de la banque verte) détenait en direct 10,8% du capital de BES et 26,4% de la holding Bespar, qui contrôle 35% du capital de BES. Ce qui au total confère à CASA 20,1% des droits de vote de la banque portugaise.
Afin de renforcer sa solvabilité réglementaire, BES a annoncé jeudi dernier sa volonté de lever jusqu’à 1,045 milliard d’euros, en émettant plus de 1,6 milliard d’actions ordinaires au prix unitaire de 0,65 euro. Parallèlement, CASA et Espirito Santo Financial Group, l’autre actionnaire de Bespar, ont pris la décision de dissoudre la holding. La banque française se trouve donc directement actionnaire de 20,1% de BES.
CASA a annoncé dans la foulée «qu’il participera pour un montant d’environ 10 millions d’euros à l’augmentation de capital, en réinvestissant une partie de la valeur de ses droits préférentiels de souscription cédés dans le cadre de l’opération». La banque française sera donc immanquablement diluée. Elle ne précise pas la participation qu’elle souhaite atteindre in fine, mais celle-ci pourrait tourner autour de 15%, selon un connaisseur de l’opération. Elle s’est engagée à ne pas céder de titres pendant une période de 180 jours à compter du règlement-livraison (à certaines clauses près).
BES et CASA sont partenaires depuis 1986. Mais les participations minoritaires coûtent cher sous la nouvelle réglementation de Bâle 3; l’établissement français ne veut pas utiliser du capital, denrée rare, pour maintenir sa participation au capital de son partenaire.
En outre, le Portugal, à l’économie toujours fragile, ne fait pas partie des nouvelles priorités du Crédit Agricole, qui se recentre sur ces métiers cœur. CASA avait d’ailleurs déprécié de 267 millions d’euros la valeur de sa participation dans les comptes 2012. Plus tôt, en avril 2012, il avait vendu à BES sa participation de 50% dans leur filiale commune d’assurance vie BES Vida et réinvestit le produit pour maintenir sa participation dans BES à l’occasion d’une première augmentation de capital – et éviter les effets comptables d’une perte de dilution.
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