Le coût du remboursement du Crédit Agricole doit s’analyser avec prudence
Suivant la trace de ses concurrentes françaises, le Crédit Agricole a annoncé le remboursement, prévu le 27 octobre, des trois milliards d’euros de titres super subordonnés (TSS) souscrits par l’Etat dans le cadre du soutien à l’économie. «Le placement actuellement en cours de TSS (…) et les émissions similaires réalisées (…) depuis plusieurs mois contribuent à rendre possible ce remboursement», a fait savoir la banque verte.
Si les taux d’intérêt des différentes émissions achevées ou en cours (voir le tableau) apparaissent globalement supérieurs à celui des obligations souscrites par l’Etat, les spécialistes appellent à la prudence sur toute conclusion hâtive. «Plusieurs facteurs rendent la comparaison difficile. Outre l’effet devises, les émissions anglo-saxonnes offrent un coupon bi-annuel (contre une fois par an en zone euro), qu’il convient d’intégrer dans le calcul. Par ailleurs, la prime de remboursement doit être prise en compte», explique Christophe Nijdam, analyste chez AlphaValue. Cette prime, pouvant aller de 101 % au démarrage jusqu’à 111 %, peut en effet constituer un surcoût de 330 millions d’euros en cas d’atteinte du plafond.
Hors effet devise et prise en compte de cette prime, le taux d’intérêt moyen pondéré des émissions du Crédit Agricole est estimé à 9 %, contre 8,33 % pour celui des obligations souscrites par l’Etat. «La décision du Crédit Agricole repose plus sur une question d’image que sur une décision économiquement rationnelle. Plus que celles de BNP Paribas et de la Société Générale, les annonces de remboursement de ses concurrents les plus directs Crédit Mutuel et surtout BPCE, en situation plus difficile, ne lui ont pas laissé le choix », estime Christophe Nijdam.
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