Le Compte-Nickel des buralistes veut jouer les trouble-fête dans les paiements
Hugues Le Bret l’assure, la Financière des paiements électroniques (FPE) dont il préside le comité de surveillance ne prétend nullement au «Grand soir» de l’offre bancaire en lançant, officiellement début 2014, le Compte-Nickel. Faute de révolution, l’ancien directeur de la communication et de l’innovation de la Société Générale et PDG de Boursorama promet «juste une offre complémentaire» qui «ne va pas enlever beaucoup de produit net bancaire aux banques».
Il n’empêche, FPE, établissement de paiement agréé en juin dernier par l’ACP, ne manque pas d’ambition après avoir hier dévoilé la grille tarifaire du «premier compte sans banque» et signé avec la Confédération des buralistes de France (CBF) un partenariat réservant jusqu'à fin 2020 l’exclusivité de distribution du compte aux 27.000 buralistes de France. Un réseau aux 10 millions de clients quotidiens et implanté à 45% dans des communes de moins de 3.500 habitants.
Le Compte-Nickel n’est donc pas un compte bancaire, l’agrément de FPE lui interdisant le pratiquer le crédit et le découvert. D’où en contrepartie davantage de souplesse d’utilisation, selon ses promoteurs, par son ouverture immédiate sans conditions de revenus ou la gestion en temps réel. FPE entend afficher des tarifs «simples et transparents», de «moins de 50 euros par an pour le plus grand nombre, soit le tiers du coût moyen de la banque en France». L’abonnement annuel est de 20 euros, comprenant carte de paiement MasterCard, gestion internet et mobile, virements et prélèvements. Pour le reste, tarification à l’acte: retrait d’espèces à 1 euro au distributeur et 0,5 euro chez le buraliste, commission de 2% sur les sommes déposées, 10 euros pour le renouvellement d’une carte perdue ou volée, 1 euro pour une réédition de code ou pour la clôture du compte. Soit un coût total de 20 à 54 euros au gré des six «profils» de client selon FPE, d’un usage uniquement «commerce en ligne» à «intensif».
Hugues Le Bret pense pouvoir atteindre le point mort de 100.000 clients dès la première année d’exploitation, alors qu’il se donnait en juin jusqu’à 18 mois. Quant aux ambitions européennes permises par l’agrément ACP, le dirigeant semble plus prudent, reconnaissant tout de même avoir déjà été approché, notamment par des pays d’Europe du Sud. Pour l’heure donc, place à l’agrément du dossier de chaque buraliste par l’ACP, FPE visant 600 à 700 points de vente disponibles fin 2014.
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