Le chemin de l’indépendance reste semé de nombreuses embûches pour RBS
Le ministre britannique du Commerce et de l’Innovation remet au goût du jour l’idée d’une distribution d’actions gratuites de la banque au public
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Patrick Aussannaire
L’idée d’un retour dans le privé de RBS «ressemble à présent à un rêve lointain». Tel est le message en forme de résignation que va transmettre dans un discours qui sera prononcé aujourd’hui Vince Cable, le ministre britannique du Commerce et de l’Innovation. Alors que la banque doit boucler d’ici la fin du mois de décembre son plan à 5 ans de cessions de 250 milliards de livres d’actifs non stratégiques, Vince Cable estime qu’«une recapitalisation serait la meilleure solution, mais elle est actuellement inapplicable; la nationalisation totale coûterait des milliards aux contribuables et, à part dans le cas d’une nouvelle urgence financière, il est peu probable que cela constitue une priorité par rapport aux autres dépenses à réaliser ».
Le ministre britannique compte en revanche ressortir du placard une idée évoquée en 2011 par le vice-Premier ministre Nick Clegg de distribuer des actions gratuites de la banque au public. Le but affiché est que le public «puisse bénéficier d’une éventuelle reprise du cours de l’action, alors que les dirigeants professionnels ont un mandat de long terme qui comprend un engagement de participation à l’effort de reprise de l’économie nationale en augmentant les prêts aux petites et moyennes entreprises». Un recadrage en règle sur les exigences de Londres qui détient 82% de RBS depuis son sauvetage en 2008 qui lui a coûté 45,5 milliards de livres.
Une déclaration qui intervient alors que le montant final dont la banque devrait s’acquitter aux autorités britanniques et américaines pour solder sa responsabilité dans la manipulation du Libor devrait être annoncé aujourd’hui et se monter à 390 millions de livres, selon le Financial Times. Ce montant comprendrait une amende de 90 millions de livres à verser à la FSA, de 96 millions de dollars au département de la justice américaine et 325 millions de dollars à la CFTC.
C’est dans ce contexte qu’hier John Hourican, le directeur de la banque d’investissement de RBS, a annoncé sa démission, prenant la responsabilité de l’implication de son département dans l’affaire du Libor, mais en rejetant toute responsabilité personnelle. Il renoncera à son bonus de 4 millions de livres, dans le cadre d’une politique globale pratiquée par les banques impliquées dans la manipulation du taux interbancaire qui vise à compenser le montant des amendes payées par une baisse générale des bonus dans les départements concernés.
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