Le chemin de l’indépendance reste semé de nombreuses embûches pour RBS
L’idée d’un retour dans le privé de RBS «ressemble à présent à un rêve lointain». Tel est le message en forme de résignation que va transmettre dans un discours qui sera prononcé aujourd’hui Vince Cable, le ministre britannique du Commerce et de l’Innovation. Alors que la banque doit boucler d’ici la fin du mois de décembre son plan à 5 ans de cessions de 250 milliards de livres d’actifs non stratégiques, Vince Cable estime qu’«une recapitalisation serait la meilleure solution, mais elle est actuellement inapplicable; la nationalisation totale coûterait des milliards aux contribuables et, à part dans le cas d’une nouvelle urgence financière, il est peu probable que cela constitue une priorité par rapport aux autres dépenses à réaliser ».
Le ministre britannique compte en revanche ressortir du placard une idée évoquée en 2011 par le vice-Premier ministre Nick Clegg de distribuer des actions gratuites de la banque au public. Le but affiché est que le public «puisse bénéficier d’une éventuelle reprise du cours de l’action, alors que les dirigeants professionnels ont un mandat de long terme qui comprend un engagement de participation à l’effort de reprise de l’économie nationale en augmentant les prêts aux petites et moyennes entreprises». Un recadrage en règle sur les exigences de Londres qui détient 82% de RBS depuis son sauvetage en 2008 qui lui a coûté 45,5 milliards de livres.
Une déclaration qui intervient alors que le montant final dont la banque devrait s’acquitter aux autorités britanniques et américaines pour solder sa responsabilité dans la manipulation du Libor devrait être annoncé aujourd’hui et se monter à 390 millions de livres, selon le Financial Times. Ce montant comprendrait une amende de 90 millions de livres à verser à la FSA, de 96 millions de dollars au département de la justice américaine et 325 millions de dollars à la CFTC.
C’est dans ce contexte qu’hier John Hourican, le directeur de la banque d’investissement de RBS, a annoncé sa démission, prenant la responsabilité de l’implication de son département dans l’affaire du Libor, mais en rejetant toute responsabilité personnelle. Il renoncera à son bonus de 4 millions de livres, dans le cadre d’une politique globale pratiquée par les banques impliquées dans la manipulation du taux interbancaire qui vise à compenser le montant des amendes payées par une baisse générale des bonus dans les départements concernés.
Plus d'articles du même thème
-
La bonne tenue des actions européennes est suspendue au test des bénéfices
Les actions ont rebondi en Europe avec l’accord entre les Etats-Unis et l’Iran et la forte baisse du pétrole. Certains n’y voient qu’un rattrapage désormais achevé, d’autres croient qu'une deuxième vague de hausse est possible si la conjoncture continue de s'améliorer. -
Les dettes AT1 pourraient devenir un sujet de compétitivité pour les banques
La Banque des règlements internationaux a exposé ses propositions pour les dettes subordonnées Additional Tier 1 (AT1). L’institution donne l’impression de vouloir imposer aux banques européennes de nouvelles règles complexes, pas toujours adaptées. -
Voyageurs du Monde va quitter la Bourse parisienne
Avantage, regroupant les fondateurs et les actionnaires institutionnels du voyagiste, lancera une OPA simplifiée, voire une offre publique de retrait, au prix de 180 euros par action. Une offre, avec une prime de 24% sur le dernier cours, qui valorise le groupe 807 millions d’euros.
ETF à la Une
Les ETF d’actions américaines signent un retour en force au deuxième trimestre
- La nouvelle hausse du Livret A coûtera plus de 800 millions d’euros aux banques
- La Corée, un tigre asiatique qui commence à vieillir
- Le Crédit Agricole lancera une offre de trading crypto avant la fin de l'année
- Christine Lagarde pourrait quitter la BCE plus tôt que prévu à cause de la présidentielle française
- Les actions coréennes approchent du bear market
Contenu de nos partenaires
-
PrésidentielleMarine Le Pen choisit le tribunal des urnes
Ni empêchée, ni réhabilitée, Marine Le Pen a décidé d’ouvrir une troisième voie pour se présenter à la présidentielle. Celle d’un pourvoi en cassation qui suspend sa peine, malgré le risque de se voir imposer un bracelet électronique début 2027 -
Mauvaise piocheMarine Le Pen candidate : scénario noir pour les héritiers du macronisme
Edouard Philippe et Gabriel Attal ont vite réagi, le 7 juillet, pour contrer la candidate qui les menace le plus. Ils estiment Marine Le Pen plus difficile à battre que Jordan Bardella -
EditorialMarine Le Pen candidate : les juges et la politique, troisième round
C’est une leçon pour l’avenir : le pouvoir des juges doit s’arrêter là où la liberté démocratique est menacée