Le Brésil cherche à enrayer la crise de confiance dans son secteur bancaire
Le Brésil se débarrasse de ses branches pourries. La banque centrale a annoncé avoir mis Banco Cruzeiro do Sul en liquidation, faute de repreneur sur 1,6 milliard de dettes. Dans la foulée, Banco Prosper, rachetée en novembre dernier, subira le même sort. Il s’agit du troisième établissement brésilien de taille moyenne à faire défaut en deux ans, et le défaut obligataire le plus important en Amérique latine depuis plus de dix ans.
«Les temps sont très difficiles pour les banques de petites et moyennes tailles au Brésil. En plus des durcissements de contraintes de la banque centrale, la situation économique n’aide pas», estime Luis Miguel Santacreu, consultant chez Austin Asis. Même si Banco Cruzeiro do Sul ne pèse que 0,24% des actifs bancaires du pays et 0,33% des dépôts, ce défaut risque de jeter un voile sur la confiance des investisseurs dans les conditions de financement des PME.
D’autant que, même si la banque est brésilienne, les plus gros perdants de cette mise en faillite seront ses créditeurs américains qui ont pourtant accepté une décote moyenne de 49,3%. «Après cet épisode, les banques moyennes brésiliennes peuvent oublier toute velléité de retourner sur le marché obligataire international pour se financer. Au moins pendant un temps», estime un gérant de la place. La banque faisait l’objet de suspicion de fraudes, après Banco PanAmericano qui avait déjà fait défaut après des déclarations fictives dans son bilan fin 2010.
Signe d’une prise de conscience de la part des autorités ? La banque centrale a annulé les «exigences supplémentaires» pesant sur les dépôts en cash des banques, et abaissé le ratio de réserves obligatoires sur les dépôts à terme de 100 pb à 12%. Un assouplissement sera également consenti pour orienter les dépôts vers des prêts interbancaires. Des mesures censées injecter 15 milliards de dollars dans le système. «Une incitation pour les institutions financières à accroître leurs volumes de prêts» espère Aldo Mendes, directeur du comité de politique monétaire.
Dans le même temps, l’autorité indique qu’elle «continuera à prendre les mesures nécessaires pour enquêter sur les responsabilités… qui pourraient conduire à des mesures punitives». «Un signal positif en termes de régulation», estime Paulo Petrassi, gérant chez Leme Investimento, alors que Fitch considère qu’«un système bancaire plus consolidé» pourrait émerger.
Plus d'articles du même thème
-
La stratégie de TotalEnergies paie à tous les étages
Le pétrolier a confirmé ses objectifs à l'horizon 2030 et donné de la visibilité au-delà. Il annonce aussi une hausse de son dividende de 5% par an sans renoncer à ses ambitions dans l’électricité. -
Les paris sont lancés sur le futur directoire de la BCE
Les deux tiers des postes seront renouvelés d’ici à fin octobre 2027. Les tractations vont probablement s’accélérer en vue d’accords précédant l'élection présidentielle françaises. Pas sûr qu’elles aboutissent cependant avant le départ effectif d’Isabel Schnabel le 3 janvier prochain. -
La ruée vers le Luxembourg grippe les ouvertures de contrats d’assurance-vie
Suscitant un attrait croissant auprès des épargnants français, l’assurance-vie luxembourgeoise voit affluer les souscriptions. Mais les assureurs peinent à suivre le rythme, entraînant un allongement des délais d’ouverture des produits d'épargne.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
Contenu de nos partenaires
-
Royaume-Uni : Andy Burnham au défi de reconquérir sa base
Les militants du Labour veulent donner sa chance au Premier ministre, dont les débuts à Downing Street sont appréciés. Mais il va devoir présenter rapidement des résultats concrets pour convaincre -
Guerre des nerfsAu procès de Rachida Dati, une défense au bazooka face à de lourdes réquisitions
Les avocats de l'ancienne ministre accusée de corruption dans l'affaire Renault-Nissan ont tenté d'affaiblir la démonstration du PNF sur du lobbying supposé à Bruxelles -
Machine arrièreChoc fiscal : 37 milliards déjà, et ce n'est pas fini...
Selon le nouveau bilan des prélèvements obligatoires dressé par l'Institut Rexecode, les hausses d'impôts enregistrées depuis la dissolution ont déjà annulé la moitié des baisses menées depuis 2014. Sans parvenir à faire diminuer le déficit public pour autant