Le bilan des banques espagnoles ne cesse de se dégrader
Pas de répit à attendre dans les prochains trimestres pour les banques espagnoles. Le rapport semestriel de stabilité financière que la Banque d’Espagne a publié hier fait ressortir la dégradation continue du bilan des prêteurs locaux. Les banques du pays traînent en particulier comme un boulet l’héritage de la bulle immobilière.
A fin juin, 52% de l’exposition au secteur de la promotion était considérée comme «problématique», en incluant les prêts qui ne sont pas encore douteux mais placés sous surveillance. Ces encours à risque s’élèvent à 176 milliards d’euros, soit 11,4% des prêts au secteur privé espagnol et 5,2% du total de bilan. Face à ces expositions à problème, les banques espagnoles ont constitué des provisions à hauteur de 33% seulement.
«On peut s’attendre à ce que les pertes de crédit restent à des niveaux élevés dans les prochains trimestres», note la Banque d’Espagne. Le superviseur bancaire pointe aussi du doigt les pressions sur les marges, qui, elles aussi, devraient perdurer, en raison «de la faiblesse de l’activité, des coûts de financement élevés, et de la forte proportion d’encours douteux qui ne produisent pas d’intérêts».
La Banque d’Espagne entrevoit en revanche une amélioration dans la structure de bilan des banques et caisses d’épargne espagnoles, en partie sous la contrainte des marchés. Les dépôts des entreprises et des particuliers continuent de croître alors que les crédits sont désormais en baisse. A fin juin, les actifs pondérés en risque du secteur diminuaient de 5,6% sur un an. «Cette évolution, couplée à des désinvestissements, réduisent les besoins de refinancement sur les marchés, souligne la banque centrale. Selon les dernières informations disponibles, cette réduction tourne autour de 50%». Près de 10% de la dette obligataire des banques espagnoles (court terme inclus) arrivent à échéance d’ici à fin 2011. La proportion sera de 20% pour 2012, et de 15% l’année suivante.
Les derniers tests menés en octobre par l’Autorité bancaire européenne ont révélé un besoin de recapitalisation de 26 milliards d’euros d’ici à fin juin 2012 pour les principales banques espagnoles. Un montant aussitôt ramené à 17 milliards en tenant compte de titres hybrides. Santander prévoit notamment de comptabiliser dans son ratio core tier one des obligations convertibles en actions.
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