Le bancassureur KBC se déleste à son tour de ses actifs toxiques
KBC a rejoint hier Dexia et Fortis dans le club des banques belges sauvées de la catastrophe par l’Etat. Le bancassureur flamand a signé un accord pour neutraliser le risque de son portefeuille de crédits structurés de type CDO (collateralized debt obligations), qui l’a amené à enregistrer une perte de 3,6 milliards d’euros au premier trimestre 2009.
Cette solution ne prendra pas la forme d’une structure de défaisance, mais d’une assurance sur les pertes futures, comme l’ont déjà fait les Britanniques. La garantie porte sur un montant notionnel d’actifs de 20 milliards d’euros : 5,5 milliards d’euros de CDO super senior, et 14,4 milliards de risque sur le rehausseur de crédit américain MBIA. Au-delà d’une première tranche de 3,2 milliards à la charge de KBC, l’Etat garantira 90 % des pertes futures, dont les deux milliards suivants par le biais d’une injection de capital en actions ordinaires (voir graphique). Une dilution en perspective pour les actionnaires actuels, à laquelle KBC a toutefois la faculté de renoncer.
Le sauvetage du bancassureur s’accompagne aussi d’une injection de fonds de 1,5 milliard de la part du gouvernement flamand en actions non préférentielles. Le schéma a été mal accueilli par le marché, qui a sanctionné le titre de 25 % hier. D’autant que KBC n’est pas au bout de ses peines. La garantie de l’Etat lui coûtera 1,2 milliard au deuxième trimestre, et 30 millions tous les trois mois ensuite. Et même débarrassée du gros du risque CDO, la banque ne brille guère sur ses métiers de base. En Europe de l’Est et en Russie, qui représentent le quart de ses engagements, le coût du risque s’envole à 1,69 %, contre 0,73 % en moyenne en 2008.
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