L’audit du secteur bancaire espagnol révèle la fragilité des RMBS locaux
Les détenteurs de certaines titrisations espagnoles risquent des pertes importantes en cas d’approfondissement de la crise immobilière. Les analystes de RBS ont utilisé l’audit mené par le cabinet Oliver Wyman sur le secteur bancaire du pays pour estimer les défauts à attendre sur ce marché. Ils sont plus probables sur les obligations adossées à des prêts immobiliers résidentiels (RMBS) que sur celles qui sont adossées à des prêts aux PME (SME CLO).
En se basant sur les hypothèses de travail d’Oliver Wyman, les analystes estiment que la plupart des tranches de dette subordonnée et même certaines tranches seniors de RMBS sont susceptibles de subir des pertes en principal. Jugeant que le scénario «de base» des consultants est «trop optimiste», ils ont étudié le comportement des titrisations dans le scénario défavorable testé par le cabinet. Celui-ci table sur une baisse des prix de l’immobilier de 19,9% en 2012, de 4,5% de 2013 et de 2% en 2014.
Après avoir pris en compte les probabilités de défauts calculées par Oliver Wyman, les analystes de RBS ont sélectionné une émission de RMBS par émetteur. Avec ces stress tests, l’opération pour laquelle le taux de défaut attendu est le plus élevé (12,5% à trois ans), a été réalisée par Banco de Valencia (BVA 3). La perte en principal pour la tranche A de la transaction serait d’environ 20%.
Sur l’échantillon de RBS, deux autres transactions pourraient être une très mauvaise affaire pour les porteurs obligataires. La tranche A de la transaction SHIPO émise pour 1,7 milliard d’euros par Santander pourrait connaître une perte en principal d’environ 20%. Pour les créanciers subordonnés, la perte en principal serait totale. Les risques seraient comparables pour les détenteurs d’obligations Foncx 9 de Caixabank. Enfin pour les autres titrisations de l’échantillon, les porteurs subordonnés seraient presque tous mis à contribution.
Sur le marché des titrisations adossées à des prêts aux PME, les résultats des stress tests sont en revanche plus rassurants. « Toutes les tranches seniors et beaucoup de tranches subordonnées sont à l’abri d’une perte en principal», écrivent les analystes de RBS. Le résultat peut surprendre alors que ce type de titrisation est aussi très exposé à l’immobilier mais le niveau d’endettement de ces opérations a aussi «considérablement diminué au cours des dernières années».
{"title":"","image":"78829»,"legend":"titrisation»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
La stratégie de TotalEnergies paie à tous les étages
Le pétrolier a confirmé ses objectifs à l'horizon 2030 et donné de la visibilité au-delà. Il annonce aussi une hausse de son dividende de 5% par an sans renoncer à ses ambitions dans l’électricité. -
Les paris sont lancés sur le futur directoire de la BCE
Les deux tiers des postes seront renouvelés d’ici à fin octobre 2027. Les tractations vont probablement s’accélérer en vue d’accords précédant l'élection présidentielle françaises. Pas sûr qu’elles aboutissent cependant avant le départ effectif d’Isabel Schnabel le 3 janvier prochain. -
La ruée vers le Luxembourg grippe les ouvertures de contrats d’assurance-vie
Suscitant un attrait croissant auprès des épargnants français, l’assurance-vie luxembourgeoise voit affluer les souscriptions. Mais les assureurs peinent à suivre le rythme, entraînant un allongement des délais d’ouverture des produits d'épargne.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
Contenu de nos partenaires
-
Royaume-Uni : Andy Burnham au défi de reconquérir sa base
Les militants du Labour veulent donner sa chance au Premier ministre, dont les débuts à Downing Street sont appréciés. Mais il va devoir présenter rapidement des résultats concrets pour convaincre -
Guerre des nerfsAu procès de Rachida Dati, une défense au bazooka face à de lourdes réquisitions
Les avocats de l'ancienne ministre accusée de corruption dans l'affaire Renault-Nissan ont tenté d'affaiblir la démonstration du PNF sur du lobbying supposé à Bruxelles -
Machine arrièreChoc fiscal : 37 milliards déjà, et ce n'est pas fini...
Selon le nouveau bilan des prélèvements obligatoires dressé par l'Institut Rexecode, les hausses d'impôts enregistrées depuis la dissolution ont déjà annulé la moitié des baisses menées depuis 2014. Sans parvenir à faire diminuer le déficit public pour autant