L’assurance européenne se montre à la hauteur du défi de l’information financière
Prisonniers du brouillard d’une crise qui atténue la visibilité sur leurs actifs, les investisseurs exigent toujours davantage de transparence. La communication financière des assureurs européens est dans ce cadre mise à rude épreuve, compte tenu d’un environnement réglementaire en évolution à l’occasion des arbitrages encore en cours sur la réforme Solvabilité 2 et de normes sujettes à interprétation. Mazars poursuit à ce titre un travail de veille du comportement du secteur, sur la base des documents publiés par un échantillon de treize groupes de référence. Gilles Magnan, associé du cabinet d’audit et de conseil, a souligné hier la «grande qualité» de la communication des assureurs européens.
Mais les normes comptables restent aujourd’hui susceptibles de donner naissance à des interprétations variées. Mazars se plaît naturellement à pointer les sujets pour lesquels cette diversité peut laisser apparaître une certaine hétérogénéité entre assureurs. La mise en œuvre d’un référentiel comptable unique reste aujourd’hui un vœu pieux.
Les comptabilisations des écarts d’acquisition et des dépréciations d’actifs financiers en sont des exemples frappants. Pour les premiers, Mazars reconnaît que «l’information fournie couvre la majorité des exigences de la norme IAS 36», tout en regrettant que «la qualité et la précision des informations restent hétérogènes». Pour les secondes, la norme invite à une dépréciation si la perte de valeur est «durable» ou «significative». Un principe qui peut s’appliquer pour les groupes publiant leurs critères de dépréciations à partir de pertes de 20% ou de 50% et sur des durées de six mois à cinq ans. Quant aux préparatifs de Solvabilité 2, le cabinet relève qu'à la lecture des documents publiés aujourd’hui, «il est encore difficile d’avoir une vision claire des ratios que l’on va découvrir en 2013».
Mais pas de doute aux yeux de Gilles Magnan, les assureurs déploient de louables efforts pour disséminer une information de qualité, au travers d’indicateurs toujours plus nombreux. Il en va ainsi de l’absence de dépréciations à fin 2010 sur les obligations d’Etat européens en difficultés. Mazars relève que les rapports annuels sont transparents quant à l’exposition brute des assureurs, alors que la norme prévoit une dépréciation en cas d’incident de crédit. Qui n’a pas eu lieu à ce jour.
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