L’ardoise des «taux plancher» se précise pour les banques espagnoles
Les banques espagnoles continuent à faire leurs comptes dans le dossier des taux «plancher» pour les crédits immobiliers. Alors que la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a surpris fin décembre, en estimant que tous les emprunteurs devaient se faire rembourser les intérêts indûment versés, CaixaBank a annoncé qu’une augmentation de 110 millions d’euros de ses provisions serait proposée à son conseil d’administration. CaixaBank figure parmi les groupes ibériques les plus exposés à la suppression par la CJUE de la limitation temporelle de ces remboursements. La justice espagnole ait jugé abusifs en mai 2013 les planchers bloquant la baisse des intérêts dans les contrats de prêts à taux variable, mais n’avait pas requis la rétroactivité, ce qu’a fait le CJUE. La lourde chute encaissée alors par les actions bancaires espagnoles illustre le montant en jeu, chiffré à 4 milliards d’euros par la Banque d’Espagne.
L’augmentation de la provision de CaixaBank porterait son stock à 625 millions d’euros à la fin décembre, une somme inférieure de moitié à l’exposition maximale de 1,25 milliard d’euros communiquée par la banque espagnole en juillet. La décision de la CJUE s’est aussi fait sentir dans l’activité. La marge d’intérêts a baissé de 10,1% sur un an au premier semestre 2016, soit 230 millions d’euros de revenus en moins.
Si des banques comme Santander ou Bankinter sont à l’abri car elles n’utilisaient pas ces planchers, BBVA a chiffré un impact maximal de 1,2 milliard d’euros «même si l’expérience passée indique qu’il devrait probablement être plus faible». Dans le sillage de la publication samedi d’un décret d’application concernant les règlements extra-judiciaires, BBVA a réitéré son estimation d’un impact de 404 millions d’euros sur son résultat 2016, sans préciser l’ampleur de sa provision. Outre CaixaBank et BBVA, plusieurs autres banques ont communiqué ce lundi. Liberbank et Bankia ont ainsi maintenu leurs provisions à respectivement 259 et 200 millions d’euros, tandis que Banco Sabadell a réitéré qu’elle s’attend à un impact de 490 millions d’euros qui sera bientôt provisionné. Banco Popular, qui avait comptabilisé 305 millions d’euros à la fin juin, a revu à la baisse l’augmentation des provisions à fin décembre, qui seront gonflées de 229 millions et non 334 millions.
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