« L’analyse constitue une passerelle vers d’autres filières »
Denis Marcadet, président et fondateur de Vendôme Associés
Peut-on encore faire toute sa carrière dans l’analyse financière ?
Ces dernières années, dans le contexte de désintermédiation, le métier s’est structuré, professionnalisé. C’est particulièrement le cas en analyse crédit où l’activité s’est densifiée et déployée entre classes d’actifs, secteurs et géographie. En parallèle, l’appréhension du métier a évolué, de moins en moins d’analystes restent fidèles à cette activité durant 25 ans, 30 ans. Elle constitue une passerelle vers d’autres filières, notamment le buy-side (gestion d’actifs, fonds de dette…) ou encore la communication financière, soit au sein de grands groupes, soit de PME en prévision d’une introduction en Bourse.
Comment s’explique cette tendance ?
Les raisons sont multiples : un marché moins actif, une baisse des opportunités de carrière, un tassement des rémunérations corrélé à une réduction des écarts salariaux avec le monde de l’entreprise. A cela s’ajoute l’attrait des métiers de gestion, de relations investisseurs, ou, sur les secteurs maîtrisés, de fonctions financières en entreprise. Point important : ces mobilités ne sont pas source de valorisation salariale dans 8 cas sur 10. Les motivations sont souvent triples : accéder à des possibilités d’évolution de carrière à moyen terme, obtenir un meilleur équilibre vie privée-vie professionnelle, et aller au-delà du simple conseil au sein de la chaîne de valeur.
Ce changement de carrière est-il facile à effectuer ?
Pour les analystes en quête de reconversion, la bonne nouvelle est que leur métier est de plus en plus reconnu. Comme une expérience dans un cabinet d’audit externe au terme de ses études, l’analyse financière devient quasiment un troisième cycle permettant de se former techniquement, d’acquérir une fine culture financière, et de se bâtir un premier réseau auprès des investisseurs.
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