L’AMF sera plus exigeante sur la commercialisation de produits d’épargne

Le régulateur vient de lancer son Observatoire de l’épargne, annoncé en 2009, et proposera chaque trimestre un développement thématique
Bruno de Roulhac
Photo: PHB/Agefi
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Annoncé en 2009, l’Observatoire de l’épargne vient enfin d’être lancé par l’AMF. Le régulateur veut enrichir son dispositif de veille en constituant une base d’informations publiques et issues de l’AMF –notamment via ses «visites mystères»– sur les comportements des investisseurs et les pratiques de commercialisation des produits financiers. Forte de ces conclusions, «l’AMF pourrait être amenée à préciser des points de doctrine en lien avec l’ACP ou mieux cibler les contrôles, explique son secrétaire général, Thierry Francq. Notre degré d’exigence va augmenter» en matière de commercialisation de produits d’épargne.

Une urgence alors que les Français se détournent de plus en plus des actions. Selon TNS Sofres, seulement 8,9% d’entre eux détenaient des actions en direct en décembre dernier (14,2% pour les valeurs mobilières), contre 13,8% (et 18,9% pour les valeurs mobilières) en décembre 2008.

Pour cette première lettre, l’AMF s’est penchée sur la tarification des produits financiers. Un constat sans appel pour les grands réseaux bancaires. Un ordre d’achat de 5.000 euros sur Euronext Paris est facturé 0,28% par un courtier en ligne, et près du double, 0,50%, par le site internet d’un grand réseau. Or, ce dernier prix est 40% moins cher que l’ordre passé par téléphone et deux fois moins élevé que celui passé en agence auprès d’un chargé de clientèle. Ceci, sans compter les droits de garde, de 0,77% pour un portefeuille de 10.000 euros avec 10 lignes. En revanche, si la plupart des courtiers en ligne ne prélèvent aucun droit de garde, ils peuvent conditionner cette gratuité à un nombre minimal d’ordres de Bourse ou à un montant minimal de portefeuille.

Le total des frais sur encours (TFE) des OPCVM ressort en moyenne à 1,6% en 2010 (de 0,30% pour le monétaire à 2,39% pour les actions européennes), mais peut monter jusqu’à 11,78% pour les actions européennes.

Aussi, l’AMF a l’ambition de travailler sur de «petits calculateurs» pour l’épargnant. En attendant, le régulateur rappelle avoir généralisé en 2011 le document d’information clé pour l’investisseur (DICI) facilitant l’accès à l’information sur les frais et leur comparabilité. La lettre de l’Observatoire, trimestrielle, abordera dans ses prochaines éditions, la communication des établissements financiers, les rendements des placements et les comportements des investisseurs.

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