L’actionnaire de référence de Monte Paschi libère la voie à une augmentation de capital
Signe d’un regain d’intérêt pour les actifs italiens, la cession d’actions Banca dei Monte Paschi di Siena (MPS) par son premier actionnaire a drainé une forte demande. Au lieu des 8,5% initialement prévus, la Fondation Monte Paschi di Siena a placé 12% du capital, soit l'équivalent de 1,4 milliard de titres. Au prix de 23,9 centimes l’unité - une décote de 2,8% sur le cours de clôture de mardi - l’opération menée par Morgan Stanley permet à la fondation, conseillée par Lazard, de récolter 335 millions d’euros.
La fondation a profité du parcours boursier ascendant de l’action MPS, qui a progressé de presque 40% depuis le début d’année, sur fond de rumeurs de marché et d’amélioration des résultats. Selon Giovanni Razzoli, analyste d’Equita SIM, cette opération accroît encore un peu plus «l’attrait spéculatif du titre, faisant de Monte Paschi l’une des banques les plus exposées à un raid sur le marché».
L’identité des acquéreurs n’a pas été dévoilée mais selon Reuters, les fonds américains JC Flowers et Och-Ziff étaient intéressés. Cette manne doit contribuer au remboursement de 450 millions d’euros de dettes de la fondation, dont 350 millions sont garantis par sa participation dans MPS. Lors d’une réunion le 27 janvier à Rome, le Trésor italien lui avait demandé de réduire instamment sa participation dans l'établissement et de céder des titres à de nouveaux «investisseurs stables» pouvant prendre part à l’augmentation de capital exigée par la Commission européenne.
Cette recapitalisation a été bloquée en fin d’année par la présidente de la fondation, Antonella Mansi, qui réclamait le droit de monétiser en priorité et aux meilleures conditions une partie de son investissement. Avec cette cession de titres, la participation de la fondation passe de 29,9% à 15,07%. Plus rien ne s’oppose désormais à ce que la banque lance mi-mai une augmentation de capital de 3 milliards d’euros, pré-souscrite par un syndicat bancaire dirigé par UBS. D’après le Financial Times, la fondation devrait participer à l’opération à hauteur de 200 millions d’euros environ afin de conserver une participation de 7% à 10%. Cet investissement sera financé grâce à la trésorerie disponible et à de petites cessions de titres supplémentaires.
Plus d'articles du même thème
-
Worldline maintient ses perspectives annuelles
Le spécialiste des paiements confirme ses perspectives annuelles après une hausse organique de l'activité. Sur l'ensemble de l'exercice, le groupe dirigé par Pierre-Antoine Vacheron prévoit de brûler 40 à 60 millions d'euros de cash. -
Les notaires élisent leur nouveau président
Pierre Jean Meyssan, notaire à Bordeaux, succède à Bertrand Savouré qui a effectué deux mandats consécutifs à partir de 2024. -
Les émissions de dettes bancaires subordonnées ralentissent
Leurs performances moyennes calent également, mais restent meilleures que celles des autres segments du crédit, au moins pour les dettes subordonnées Additional Tier 1 (AT1).
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- La croissance d'Hermès ralentit et son titre plonge
Contenu de nos partenaires
-
Caméléon« Emmanuel Macron est à la fois le premier sponsor des réseaux sociaux et un lanceur d’alerte »
Après les violences du 17 octobre, le président de la République relance l’idée de restreindre, voire de couper l’accès aux réseaux sociaux en cas d’émeutes. Sans aller jusqu'à parler de virage autoritaire, le député Renaissance des Côtes-d’Armor Eric Bothorel met en garde contre « une pente dangereuse ». -
« Coup de grâce pour nos commerçants » : le douloureux bilan des saccages du 17 octobre
Près de 2 500 commerces ont été touchés le 17 octobre, d'après le décompte de CCI France, et plus de 600 sont encore fermés à ce jour -
EditorialAnthropic ou Titanic, il faut choisir sa bataille
Pour artificiel qu'il soit, le parallèle dit tout de la manière d'affronter le futur