L’accord avec Sberbank scelle le sort du réseau de BNP Paribas en Russie
La Russie est un marché décidément difficile pour les banques de détail étrangères. BNP Paribas a confirmé son retrait des activités de réseau traditionnelles dans ce pays, conduisant à la fermeture de ses 26 agences sous marque BNP Paribas Vostok. Mais cette sortie est concomitante des négociations, en cours de finalisation, avec Sberbank en vue de créer une société commune dans le crédit à la consommation.
En effet, Cetelem, la filiale de BNP Paribas, et le mastodonte russe (qui dispose de plus de 20.000 agences à travers le pays) avaient signé un protocole d’accord en juin dernier, en vue de créer une société commune dans laquelle le partenaire français serait minoritaire. En clair, «nous apportons le crédit consommation de Cetelem, qui sera proposé dans l’ensemble du réseau de Sberbank», fait savoir BNP Paribas à Paris.
Les activités abandonnées ou, le cas échéant, gérées en extinction, concernent les dépôts et les crédits moyen et long terme classiques (immobilier, etc.). Elles concernent 100.000 clients, 600 employés, pour 13 milliards de roubles d’actifs (4 milliards d’euros). En comparaison, Cetelem en Russie représente entre 400.000 et 450.000 clients, 3.000 employés, avec une taille de bilan de 12 à 13 fois supérieures à celle de Vostok.
«BNP Paribas a pris la décision de changer ses priorités de développement», a expliqué à l’AFP un porte-parole russe de la banque, qui conserve ses activités vis-à-vis des entreprises. En effet, le développement du réseau a été très lent. Les 26 agences Vostok ont été ouvertes de 2007 à 2010, un rythme bien insuffisant pour espérer atteindre la taille critique. Le marché russe de la banque de détail est particulièrement difficile, dominé par quelques établissements nationalisés ou semi-publics. A elle seule, Sberbank détient 47% de l’épargne russe.
Conséquence de cet oligopole très politique, de nombreux groupes financiers étrangers ont fermé ou vendu leurs réseaux de détail en Russie. Cette année, les britanniques HSBC et Barclays ont plié les voiles. Santander a fait de même en décembre dernier. Citigroup, qui a acquis les agences de HSBC, et la Société Générale font partie des rares étrangers ayant réussi à constituer un réseau digne de ce nom. UniCredit jouit également d’une présence ancienne, mais sa filiale de gestion Pioneer vient d’officialiser son retrait de Russie pour se concentrer sur les marchés qui lui paraissent plus importants.
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