La stratégie asiatique de Standard Chartered continue de faire ses preuves

Après des résultats en hausse de 19 % au premier semestre, la banque se paie le luxe de faire grossir ses effectifs en 2011
Florent Le Quintrec

Standard Chartered est en grande forme. Si bien que la deuxième banque britannique en capitalisation boursière a annoncé la création de 1.000 postes supplémentaires cette année, tranchant ainsi avec le reste du secteur. La plupart de ses concurrentes ont au contraire engagé des coupes brutales dans leurs effectifs, les dernières en date, HSBC et Barclays, prévoyant respectivement de supprimer 30.000 et 3.000 postes. Certaines ont néanmoins indiqué vouloir renforcer leurs équipes dans les pays émergents, et notamment en Asie où les marchés subissent de façon limitée les conséquences des crises de la dette en zone euro et aux Etats-Unis.

Et c’est bien du dynamisme des marchés asiatiques qu’a profité Standard Chartered, dont les revenus sont principalement issus de cette région. Le bénéfice net part du groupe a ainsi progressé de 19% au 30 juin, à 2,57 milliards de dollars, soit son neuvième record consécutif pour un premier semestre. Le ratio de fonds propres core tier 1 ressort à 11,9%, en hausse de 0,1 point par rapport au semestre précédent. «Nous enregistrons une hausse des revenus, des bénéfices, des dépôts, des crédits, du dividende», s’est félicité le directeur général du groupe, Peter Sands, cité par Bloomberg.

Ses activités en Corée du Sud ont vu leur bénéfice progresser de 30% en dépit de «coûts trop élevés et d’une mauvaise structure de bilan». La volonté de la banque de modifier les conditions de rémunération pour les lier davantage aux performances a entraîné l’une des plus importantes grèves du secteur bancaire du pays. Peter Sands s’est toutefois dit confiant dans une résolution rapide du conflit.

Seul bémol, l’Inde marque le pas. Alors que le pays était la première source de bénéfices du groupe un an plus tôt, son résultat opérationnel a reculé de 39% au premier semestre. Cette déconvenue s’explique principalement par les onze relèvements de taux de la Banque centrale indienne au cours des dix-sept derniers mois, perturbant les marchés, et par une concurrence accrue des banques locales et étrangères. Si Standard Chartered ne prévoit de rebond significatif en Inde au second semestre, elle demeure confiante à long terme et continuera à y investir.

«C’est très impressionnant qu’ils puissent annoncer de tels chiffres même lorsqu’ils ont des problèmes sur deux marchés importants», salue l’analyste de Seymour Pierce. La banque s’attend à une croissance à deux chiffres de ses revenus en 2011 et au-delà.

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