La solvabilité de BNP Paribas apparaît comme la meilleure en Europe
L’Italie a terni les résultats de BNP Paribas au quatrième trimestre 2012. Le groupe a déprécié de 298 millions d’euros le goodwill (écart d’acquisition) de sa banque locale BNL car il doit faire passer son ratio de fonds propres de 7% à 8%, à la demande de la Banque d’Italie.
La réévaluation de la dette propre du groupe (-286 millions d’euros) a aussi amputé le bénéfice trimestriel. A 514 millions d’euros (-32,8%), il est inférieur aux attentes mais les éléments exceptionnels pèsent moins qu'à la Société Générale et au Crédit Agricole SA. Finalement, «la déception vient principalement de la BFI dont les revenus, le résultat brut d’exploitation et le résultat avant impôts sont inférieurs au consensus de 3%, 26% et 41%», pointent les analystes de Natixis. Sur l’année, avec un résultat net de 6,55 milliards d’euros (+8,3%), BNP Paribas est loin derrière JPMorgan, Wells Fargo et HSBC, mais en tête des acteurs de second rang devant Citi et Goldman Sachs. Son PNB a reculé de 7,8% l’an dernier, à 39 milliards d’euros, mais résisté dans les pôles opérationnels (+0,8 %).
La progression des revenus de la banque de détail hors de France et d’investment solutions (malgré la décollecte persistante en gestion d’actifs) a contrebalancé le repli de la BFI (-1,8%), de personal finance (crédit à la consommation, -3,1%) et de la banque de détail en France (-1,4% sur un an et -3,1 % au dernier trimestre). Celle-ci se distingue toutefois par un coût du risque (provisions sur impayés) «faible à 22 points de base (contre) 65 pb chez la Société Générale», souligne Pierre Chedeville, analyste chez CM-CIC.
Côté bilan, BNP Paribas affiche un doublement de son excédent de liquidité (ressources stables - besoins des clients), à 69 milliards d’euros. Mais les crédits restent supérieurs aux dépôts qui n’ont crû que de 0,9% en un an. «Il y a une apparente contradiction entre la forte hausse des dépôts retail et CIB et leur hausse totale limitée à 5 milliards», concède Philippe Bordenave, directeur général délégué. La faute aux clients de BNP Paribas Securities Services qui ont ventilé, entre plusieurs banques, leurs dépôts liés aux prêts-emprunts de titres.
BNP Paribas affiche enfin «la meilleure solvabilité en Europe», selon Natixis, avec un ratio de fonds propres Bâle 3 de 9,9%. Il est supérieur aux 9% requis pour ce groupe systémique qui espère toutefois voir sa surcharge réglementaire abaissée de 0,5 point sous deux à trois ans.
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