La Société Générale valorise sa pépite ALD
ALD Automotive fera bientôt ses premiers pas en Bourse. A l’occasion de la présentation de ses résultats annuels (lire par ailleurs), la Société Générale a dévoilé hier son projet d’introduction de sa filiale de location automobile longue durée sur Euronext Paris d’ici à la fin du printemps 2017. La banque de La Défense, qui entend demeurer l’actionnaire de référence d’ALD, a mis en avant sa volonté de lui donner la visibilité et les moyens pour participer à la révolution des usages.
«Le lien avec la voiture change et les constructeurs basculent d’ailleurs de plus en plus vers les services», a souligné le directeur général de la Société Générale, Frédéric Oudéa. «Nous gérons des flottes de véhicules que nous finançons et entretenons pour assurer des services, et nous pensons avec une vision à dix ans qu’il y aura des opportunités de croissance et de diversification que nous souhaitons pouvoir exploiter avec le maximum d’agilité stratégique, opérationnelle et financière.»
Combinée il y a un an avec la société Parcours, acquise auprès de Wendel, ALD trouve son origine dans le rachat du leasing de Deutsche Bank en 2001. Désormais, la société est numéro un européen et numéro trois mondial, avec 1,4 million de véhicules et une présence dans 41 pays. En France, Parcours lui a permis de gonfler sa flotte de 15% et de se diversifier vers les PME et TPE ainsi que sur le segment, pour l’heure embryonnaire mais prometteur, des particuliers.
«Nous sommes en train de structurer une offre qui sera commercialisée par ALD au travers de nos réseaux de banque de détail en France puis élargie à d’autres pays», a souligné Bernardo Sanchez Incera, directeur général délégué de la Société Générale. Alors que les revenus des réseaux sont atones, la location longue durée est un relais de croissance prometteur. Avec des revenus en hausse de 10% au premier semestre 2016, ALD affiche, selon nos calculs, un rendement des fonds propres de près de 21%.
L’IPO aura un effet positif pour la Société Générale. Sur la base du prix de 10 fois les bénéfices affiché lors de la vente de LeasePlan, ALD se payerait près de 6 milliards d’euros. Avec une décote de 20%, la société serait valorisée environ 4,8 milliards d’euros, contre un coût historique de 3,1 milliards dans les comptes de la Société Générale. Outre la plus-value et la revalorisation à la valeur de marché de sa participation, la banque libérerait des ressources, puisqu’ALD finançait seulement 27% de son passif auprès de tiers à la fin juin.
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