La Société Générale tente de rassurer sur sa liquidité
Cible d’attaques particulièrement violentes en Bourse courant août, la Société Générale tente de donner des gages de solidité au marché. La banque française a publié hier sur son site une présentation, faite lundi soir aux investisseurs en dette, qui remet à jour les données financières présentées lors de ses résultats semestriels début août. Objectif prioritaire: prouver que l’établissement résiste aux turbulences actuelles sur la liquidité.
A fin juin, la Société Générale se finançait à hauteur de 148 milliards d’euros sur les marchés à court terme (certificats de dépôt, interbancaire…), net des 35 milliards replacés auprès de banques centrales. Sur ce financement d’échéance un an au plus, 112 milliards sont de maturité inférieure à 3 mois. Face à ce passif, la banque revendique 105 milliards d’actifs liquides, dont 60 milliards d’euros mobilisables auprès des banques centrales, après décotes.
Depuis, le financement court terme a reculé, à 134 milliards mi-août. Un recul lié à la baisse des ressources en dollar. Celles-ci sont passées de 72 à 53 milliards en équivalent euros entre le 30 juin et le 16 août en raison du désengagement des fonds monétaires américains, ramenant de 49% à 40% la part de la devise américaine dans le financement de la banque. La Société Générale, qui dépendait donc davantage du billet vert que de la monnaie unique pour son financement court terme à la mi-année, a compensé ce retrait en utilisant plusieurs leviers: baisse des dépôts à la Fed, swaps de change entre euro et dollar, et réduction du besoin en dollar sur les activités de marché.
«Des actions plus structurelles peuvent être mises en œuvre si le financement en dollar devient durablement plus bas, avec des effets gérables sur le compte de résultat», promet la banque rouge et noir.
Sur le front du financement à long terme, l’horizon est plus dégagé d’ici à la fin de l’année. Au 22 août, la Société Générale avait levé 24,7 milliards d’euros de dette senior, soit 95% de ses besoins pour 2011. Réalisées majoritairement en euro (58%) et dollar (32%), les émissions sont constituées à hauteur de 19% d’obligations sécurisées. Avec un programme quasiment bouclé cette année, la banque peut ainsi, avant de revenir sur le marché, attendre un rétrécissement de son CDS, qui a quasiment doublé en deux mois à 310 pb.
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