La Société Générale se retire de Russie et bondit en Bourse
La Société Générale a annoncé lundi avoir cessé ses activités de banque et d’assurance en Russie, et avoir conclu un accord en vue de céder la totalité de sa participation dans sa filiale russe Rosbank et les filiales d’assurance de cette dernière à Interros Capital. Ce fonds d’investissement russe était le précédent actionnaire de Rosbank.
Les investisseurs saluent les annonces de la banque dirigée par Frédéric Oudéa. A la Bourse de Paris, l’action Société Générale prenait 5,95% à 23,17 euros vers 11h28, signant la plus forte progression du SBF 120.
«L’impact de la cession de Rosbank et des activités d’assurance en Russie sur le ratio de capital CET1 du groupe devrait être d’environ 20 points de base sur la base de la valeur patrimoniale au 31 décembre 2021», a indiqué la banque française dans un communiqué.
«Cela résulterait principalement de l’impact de la dépréciation de la valeur nette comptable des actifs cédés, très largement compensée par, d’une part, la déconsolidation de l’exposition locale sur la Russie», d’environ 15,4 milliards d’euros à fin décembre, «et d’autre part, un versement en faveur de Société Générale incluant notamment le remboursement par l’acquéreur de la dette subordonnée accordée par Société Générale à sa filiale», a précisé l'établissement.
2 milliards d’euros
Le groupe au logo rouge et noir précise que son ratio de solvabilité «resterait confortablement au-dessus de la cible financière» fixée par les dirigeants. Pour rappel, le ratio CET1 de la Société Générale s'élevait à 13,7% à fin 2021.
KBW juge «limité» l’impact de la cession des activités russes de Société Générale et considère que les annonces de l'établissement devraient constituer «un soulagement» pour ses actionnaires.
«Une fois éliminé l’impact sur les bénéfices et les actions (2,7% et 4% respectivement), la sous-performance de 27% de [l’action Société Générale] par rapport au secteur depuis la guerre Russie/Ukraine devrait, selon nous, être partiellement comblée», poursuit KBW.
La banque s’attend à finaliser cette opération «dans les prochaines semaines». Ce projet de cession conduira le groupe à passer une charge d’environ 2 milliards d’euros sur son compte de résultat, correspondant à la valeur nette comptable des activités cédées.
La politique de distribution maintenue
Société Générale enregistrera également un «élément exceptionnel non-cash sans impact sur le ratio de capital du groupe» d’un montant d’environ 1,1 milliard d’euros, qui correspond à «la reprise normative en compte de charge de la réserve de conversion».
Malgré ces annonces, la banque a confirmé l’ensemble de sa politique de distribution au titre de l’exercice 2021, soit un dividende de 1,65 euro par action et un programme de rachat d’actions d’environ 915 millions d’euros.
ALD, filiale spécialisée dans le financement longue durée de véhicules de Société Générale, a de son côté annoncé que ses entités en Russie et au Bélarus ne concluraient plus de nouvelles transactions commerciales.
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