La Société Générale se joint à la vogue des refinancements en yuan
Le fumet du dim sum allèche les groupes étrangers. La Société Générale a rejoint le 13 avril la liste des entreprises qui réalisent des émissions obligataires libellées en renminbi. La banque française a placé pour 500 millions de yuans (60 millions d’euros) de «dim sum bonds» à 3 ans avec un coupon de 5%. Une taille qui permet de considérer cet emprunt comme «benchmark». Le placement, dirigé par SG CIB et Standard Chartered, a trouvé preneur auprès d’une clientèle asiatique de fonds, de banques privées et de trésoreries de banques.
Réalisée à Hong Kong, l’émission s’est doublée d’une opération de rapatriement des fonds en Chine (onshore), à travers un prêt intragroupe approuvé par les autorités chinoises, en l’occurrence la SAFE. Le produit de l’émission servira à financer pour l’essentiel les activités locales de SG Equipment Finance, la filiale de location de matériel du groupe. La Société Générale a travaillé entre deux et trois mois à ce montage.
Ce placement en yuan avec rapatriement des fonds est déjà pratiqué par des entreprises non financières. Ce serait une première pour une banque étrangère en Chine, selon la Société Générale. «Il s’agit d’une étape importante pour accéder à une nouvelle ressource, à des conditions de prix compétitives, afin de financer nos activités onshore en Chine», explique Yves Jacob, responsable DCM de la banque pour la région Asie-Pacifique. La banque prévoit d’autres émissions en yuan, sans en préciser la périodicité.
Le marché des obligations en renminbi connaît une croissance rapide depuis 2010. Les émetteurs occidentaux y trouvent une nouvelle source de financement, notamment pour leurs activités locales, et les conditions de rapatriement des fonds en Chine ont été assouplies. Toutes nationalités confondues, les volumes des dim sum bonds atteignent déjà cette année, à la date du 13 avril, l’équivalent de 3,46 milliards de dollars pour 24 opérations, selon les statistiques fournies à L’Agefi par Dealogic. Une hausse de 83% en valeur et de 50% en volume par rapport à la même période de l’an dernier. Sur l’ensemble de l’année passée, 83 émetteurs ont levé 13,9 milliards de dollars.
Les plus grosses opérations de signatures étrangères sont à mettre au compte des américains Caterpillar et Ford (1,26 milliard et 1 milliard de yuans) et du mexicain America Movil. Chez les français, Alstom et Lafarge ont déjà franchi le pas.
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