La Société Générale se donne les pleins pouvoirs chez Boursorama
La Société Générale ne chôme pas pour réorienter son portefeuille d’activité. Passée à la vente chez Amundi, dont elle devrait céder ses 20% en Bourse d’ici à la fin de l’année, la banque reste à l’achat chez Boursorama. Elle a annoncé hier soir l’acquisition de la participation résiduelle de 20,5% que détenait Caixa dans la filiale de banque en ligne. A l’échelon inférieur, Boursorama va reprendre la part de 49% de la caisse d’épargne espagnole au capital de SelfTrade Bank, leur société commune de l’autre côté des Pyrénées.
Caixa, dans son propre communiqué, a livré les montants de ces opérations. Les 20,5% de la banque en ligne française seront payés 218,5 millions d’euros, au même prix que l’offre publique d’achat simplifiée et que la procédure de retrait obligatoire lancées sur Boursorama en mai 2014, soit 12 euros par action. La participation dans SelfTrade Bank supposera un débours de 33 millions d’euros. Pour Caixa, ces deux transactions font apparaître une plus-value de 38 millions d’euros et auront un effet positif de 20 points de base sur le ratio de solvabilité common equity tier one. La Société Générale, de son côté, évoque «un impact négatif non significatif inférieur à 5 points de base sur le ratio CET1».
Le débouclage de ces liens est logique. Ils remontaient à 2006, lorsque Boursorama avait racheté CaixaBank en France, à une époque où la banque en ligne envisageait de développer un petit réseau d’agences en «dur». Depuis, la caisse catalane jouait un rôle de partenaire dormant. De sources proches du dossier, elle aurait approché la banque française pour négocier sa sortie, dans la ligne des annonces de son plan stratégique.
La Société Générale avait déjà marqué l’an dernier l’importance que revêt sa filiale à ses yeux en choisissant de retirer Boursorama de la cote. Une manière de lui donner le temps de monter en puissance à l’abri des regards. Alors que l’essor des transactions à distance et l’apparition de nouveaux acteurs de la finance promettent de bouleverser les réseaux bancaires physiques, le pionnier de la banque en ligne en France fait figure d’assurance vie aux yeux des dirigeants du groupe. La Société Générale vient d’engager en parallèle une réflexion sur la feuille de route 2020 de son réseau français, qui devrait généraliser les expériences menées depuis un an dans les agences du groupe.
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