La Société Générale révise en baisse sa politique d’actionnariat salarié
Les salariés et retraités de la Société Générale qui n’ont pas souscrit du 16 au 30 mai la dernière augmentation de capital réservée du groupe risquent de devoir patienter longtemps avant la prochaine. La banque envisage de ne plus renouveler chaque année un exercice qu’elle pratique depuis 1988.
«Nous allons réfléchir, compte tenu des fonds propres du groupe, et peut-être espacer dans le temps ce type d’émission réservée aux salariés, par exemple sur une fréquence tous les trois ans», a déclaré Frédéric Oudéa, PDG de la banque, lors de l’assemblée générale des actionnaires le 20 mai. Des propos et une périodicité triennale confirmés quelques jours plus tard devant les organisations syndicales de la banque. La décision finale relèvera cependant du conseil d’administration.
L’argument des fonds propres peut surprendre: dans son document de référence, le groupe explique que sa politique d’actionnariat salarié mondial a pour but «d’associer les collaborateurs au développement du groupe et favoriser ainsi sa cohésion». Avec un personnel à la tête de 7,45% du capital et 12,64% des droits de vote à fin 2013, la Société Générale peut surtout s’estimer bien pourvue dans ce domaine et craindrait de léser les autres actionnaires. Espacer dans le temps les augmentations de capital réservées rapprocherait aussi la banque des pratiques des autres entreprises du CAC 40. Chaque opération, réalisée avec une décote sur le prix de vente, a enfin un coût pour le groupe, évalué à 61 millions d’euros pour celle de 2013.
Le syndicat SNB de la banque estime, lui, que «le vrai motif de cette décision est surtout de diminuer l’actionnariat salarié dans le capital». Le sujet est culturellement sensible à la Société Générale. En 1999, face à l’offre publique d’achat hostile lancée par la BNP, la mobilisation du personnel avait largement contribué à préserver l’indépendance de la banque de La Défense. Les salariés sont restés depuis le premier actionnaire. Leur poids, supérieur à celui observé chez BNP Paribas (5,5% du capital), Crédit Agricole SA (4,3%) ou Natixis (1,64%), place la Société Générale au sixième rang des membres du CAC 40 sur ce critère. Et même si la crise financière a un peu distendu les liens, le plan mondial 2013 a encore été souscrit par un salarié sur deux en France, pour un taux global de 30,5%, en hausse de sept points sur un an.
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