La Société Générale réaménage son réseau
Crise et durcissement de la réglementation ont incité les groupes bancaires à se lancer dans une course aux dépôts. La captation et la rétention de la clientèle à travers les réseaux figurent au cœur de leur stratégie.
La Société Générale a ainsi engagé le réaménagement progressif de ses agences bancaires en France. S’il s’inscrit dans le cadre de son plan Ambition 2015, ce programme est en réalité le fruit d’une cellule créée en 2002 et baptisée «Agences du futur», dont l’objectif est d’adopter les points de vue des clients et des équipes sur le terrain.
Il a été rattaché à la direction de la satisfaction du client, créée en mars dernier. «Trois expériences pionnières ont été lancées à partir de 2006 pour tester une nouvelle organisation et de nouveaux coloris et matériaux», indique Sandrine Picard-Marcovecchio, responsable de la cellule. La plus récente est l’agence de Denfert-Rochereau à Paris.
Concrètement, en dehors de la généralisation de la nouvelle enseigne «Carré symbole» – rouge et noir sans autre mention – la démarche s’articule autour d’un salon d’accueil, de bureaux de réception pour la clientèle (et non pas au nom du conseiller), ainsi que de divers éléments interactifs.
«Le projet ne se limite pas à un concept immobilier et doit impulser un changement dans les relations avec les clients. Il s’agit de faire vivre sa mise en œuvre localement», indique Sandrine Picard-Marcovecchio. Cela implique que si les futures créations et les rénovations utiliseront les nouveaux principes, la mise en œuvre du programme n’est pas figée – une méthode proche de celle de BNP Paribas, qui déploiera quatre concepts d’agences différents à compter de 2012 (L’Agefi du 12 juillet 2010).
La Société Générale s’est ainsi appuyée sur le baromètre de satisfaction annuel, réalisé auprès de 100.000 clients. 170 agences n’ayant pas obtenu de notes satisfaisantes seront réaménagées en 2011. Parallèlement, les 115 agences les plus importantes du réseau (regroupant un million de clients) se verront elles systématiquement dotées d’une zone d’accueil.
En outre, étant donné la taille du réseau de la Société Générale, le programme n’est pas destiné à être appliqué à l’ensemble des 2.300 agences à la marque rouge et noire. Le coût serait prohibitif: le coût moyen du réaménagement complet d’une agence atteint environ 350.000 euros.
Plus d'articles du même thème
-
ArcelorMittal vend 10% du capital de Vallourec
L'opération est réalisée avec une décote par rapport au cours de clôture du 18 mai. L'aciériste demeure le premier actionnaire du parapétrolier avec plus de 17% du capital. -
OpenAI remporte la bataille judiciaire face à Elon Musk
Cette victoire ouvre la voie à une introduction en Bourse du créateur de ChatGPT alors que le fondateur de SpaceX l'accusait d'avoir dévié de sa mission à but non lucratif originelle. -
Mistral acquiert Emmi AI, précurseur dans l’IA appliquée à l’ingénierie industrielle
En achetant la start-up autrichienne, Mistral AI compte développer une suite complète d'IA pour l'ingénierie industrielle, qui visera des secteurs clés comme la défense, l’aérospatial et l’automobile.
ETF à la Une
State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Allianz déçoit les attentes en vie-santé
- La crise politique continue de secouer la livre sterling et les taux britanniques
- La Chine et les Etats-Unis mesurent leurs forces
Contenu de nos partenaires
-
Périscolaire à Paris : les animateurs en grève, 200 à 300 écoles impactées ce mardi
Les animateurs des écoles de la capitale sont appelés à la grève et à manifester, mardi 19 mai. Ils dénoncent « la politique de répression » de la municipalité de Paris face au scandale des agressions sexuelles dans le périscolaire -
Souriez, vous êtes monitorés
Longtemps cantonnés au monde du fitness, les smart devices se sont invités dans notre quotidien. Calcul du score de sommeil, nombre de pas quotidiens, variabilité cardiaque… la santé préventive et son avalanche data obsèdent plus que jamais les CSP+. -
L'Union européenne dégaine ses mesures face à l'envolée du prix des engrais
Strasbourg - L’Union européenne s’apprête à débloquer des fonds mardi pour aider les agriculteurs face à la flambée du prix des engrais, une tendance qui s’est encore accentuée depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. Pour mettre la pression, des organisations agricoles ont prévu dès le matin un rassemblement devant le Parlement européen à Strasbourg, où la Commission doit dévoiler son plan d’action. «Les agriculteurs abordent la prochaine saison d’achat (d’engrais) dans un climat d’extrême incertitude, sur le coût, mais aussi sur la disponibilité effective des engrais», met en garde le Copa-Cogeca, qui rassemble les principaux syndicats agricoles européens. Avant le conflit au Moyen-Orient, 30% des engrais mondiaux transitaient par le détroit d’Ormuz. Depuis fin février, le prix des fertilisants a bondi en Europe. Ceux à base d’azote coûtent autour de 500 euros la tonne désormais, contre quelque 380 euros l’hiver dernier. A cela, s’ajoute l’envolée du coût du gazole pour les tracteurs, qui a poussé nombre d’Etats à sortir le carnet de chèques pour limiter la facture. La Commission européenne, qui avait promis bien avant cette guerre des mesures en faveur des agriculteurs, se retrouve sous forte pression. La guerre «a créé une prise de conscience de la nature stratégique du secteur des engrais». Le plan d’action européen est monté de «quelques crans en termes d’importance politique», souligne Tiffanie Stephani, chez Yara, l’un des plus gros producteurs d’engrais en Europe. A court terme, Bruxelles va puiser dans la «réserve agricole», des fonds européens destinés aux situations de crise pour soulager le secteur. Il reste environ 200 millions d’euros dans cette enveloppe pour l’année 2026. La situation est particulièrement difficile pour les céréaliers. Gros consommateurs d’engrais, ils sont dans le rouge depuis trois ans à cause de l’effet combiné d’une récolte de blé catastrophique en 2024 et d’une année 2025 déjà marquée par des engrais très chers ainsi qu’un blé sous les 200 euros la tonne en France, confrontée à une concurrence internationale accrue. Taxe carbone pas remise en cause Au-delà de l’urgence, l’Union européenne, qui importe 60% des engrais qu’elle consomme, promet d’agir à plus long terme avec deux mots d’ordre: la diversification des approvisionnements et l’augmentation de la production européenne. Bruxelles pourrait aussi assouplir ses règles sur les nitrates pour autoriser les paysans à utiliser davantage de digestat, des résidus issus de la méthanisation des déchets organiques utilisés comme alternatives aux engrais chimiques. Cet assouplissement inquiète les organisations environnementales, qui craignent des pollutions de l’eau. En dépit des appels de plusieurs pays, dont la France, et des agriculteurs, l’exécutif européen n’a en revanche pas l’intention de suspendre sa taxe carbone aux frontières (CBAM) sur les engrais, en place depuis le 1er janvier pour décarboner le secteur et soutenir les producteurs européens. Sur ce volet, la Commission a «déjà pris des mesures pour aider les agriculteurs», insiste une porte-parole, avec une suppression temporaire de droits de douane sur les fertilisants, hors Russie et Bélarus, et une adaptation de la taxe carbone afin «d’atténuer fortement son impact». Remettre en cause cette taxe ouvrirait une brèche dans un mécanisme qui concerne d’autres secteurs polluants, comme l’acier, l’aluminium, le ciment, l'électricité et l’hydrogène. Et cela désavantagerait les fabricants européens, qui tentent d’augmenter leur production. Le mécanisme européen «est vraiment indispensable pour garantir une concurrence équitable pour notre secteur», revendique ainsi Tiffanie Stephani. L’Union européenne ne reviendra pas non plus sur l’augmentation progressive des taxes sur les engrais russes et bélarusses, dont Bruxelles voudrait définitivement se passer afin de priver Moscou de ressources qui financent la guerre en Ukraine. Face à la dépendance persistante de l’Europe aux importations, l’un des grands enjeux est le développement d’engrais alternatifs, bas carbone. Jusqu’ici, cette ambition a buté sur des coûts de production souvent très élevés, notamment en raison du prix de l'énergie. Plusieurs projets ont été abandonnés, dont une initiative en Autriche, baptisée «Green Ammonia Linz». Adrien DE CALAN © Agence France-Presse