La Société Générale prête à céder à regret sa filiale égyptienne
On n’ arrête plus la Société Générale. A peine la banque française avait-elle confirmé mercredi l’entame de négociations avec la Banque du Pirée pour lui vendre sa filiale grecque Geniki, qu’elle a annoncé hier avoir reçu une «expression d’intérêt» de Qatar National Bank (QNB) concernant sa participation de 77,17% dans National Société Générale Bank (NSGB), sa filiale égyptienne.
Selon nos sources, il s’agirait d’une offre indicative (non-binding offer), qui comprend la mention d’un prix, lequel n’a pas été rendu public. La loi égyptienne prévoit à ce stade l’ouverture d’une procédure d’accès aux comptes de la société (due diligence).
Si le marché égyptien est dominé par de grandes banques nationalisées, NSGB, cotée à la Bourse du Caire, est l’un des principaux acteurs à capitaux privés avec 700.000 clients, 160 agences et 4.000 collaborateurs. Elle revendique au 30 juin un bilan de 63,8 milliards de livres égyptiennes (8,36 milliards d’euros). C’est un établissement à la situation financière solide puisque ses crédits à la clientèle (4,95 milliards d’euros) représentent 73,1% des dépôts (6,77 milliards). Son bénéfice net a progressé de 18% au deuxième trimestre, pour atteindre 57,4 millions d’euros.
C’est pourquoi la Société Générale, satisfaite de la performance de NSGB, insiste sur le fait qu’elle n’avait pas engagé de processus de vente au moment de recevoir la proposition de QNB. Rappelons que l’établissement qatari, qui nourrit de fortes ambitions dans le bassin méditerranéen, vient de se faire souffler Denizbank, la filiale turque de Dexia, par le russe Sberbank.
L’opération pourrait être un crève-cœur pour la Société Générale: avant l’éclatement de la crise de la dette souveraine à l’été 2011, les pays émergents figuraient au centre de ses ambitions. Lors d’une conférence sur le sujet en septembre 2009 à Londres, Frédéric Oudéa, son président-directeur général, envisageait ouvertement des acquisitions en Egypte (ainsi qu’en Pologne).
Mais le groupe n’a désormais guère le choix. Au-delà des cessions d’actifs financiers, il a promis au marché de se séparer d’activités jugées non stratégiques. En cas d’offre conséquence de QNB, ce qui était stratégique hier pourrait bien ne plus l'être aujourd’hui. Si l’action Société Générale a reculé de 1,85% hier (à 20,46 euros), elle s’est appréciée de 33% depuis son cours de clôture du 24 juillet.
Plus d'articles du même thème
-
La stratégie de TotalEnergies paie à tous les étages
Le pétrolier a confirmé ses objectifs à l'horizon 2030 et donné de la visibilité au-delà. Il annonce aussi une hausse de son dividende de 5% par an sans renoncer à ses ambitions dans l’électricité. -
Les paris sont lancés sur le futur directoire de la BCE
Les deux tiers des postes seront renouvelés d’ici à fin octobre 2027. Les tractations vont probablement s’accélérer en vue d’accords précédant l'élection présidentielle françaises. Pas sûr qu’elles aboutissent cependant avant le départ effectif d’Isabel Schnabel le 3 janvier prochain. -
La ruée vers le Luxembourg grippe les ouvertures de contrats d’assurance-vie
Suscitant un attrait croissant auprès des épargnants français, l’assurance-vie luxembourgeoise voit affluer les souscriptions. Mais les assureurs peinent à suivre le rythme, entraînant un allongement des délais d’ouverture des produits d'épargne.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
Contenu de nos partenaires
-
Royaume-Uni : Andy Burnham au défi de reconquérir sa base
Les militants du Labour veulent donner sa chance au Premier ministre, dont les débuts à Downing Street sont appréciés. Mais il va devoir présenter rapidement des résultats concrets pour convaincre -
Guerre des nerfsAu procès de Rachida Dati, une défense au bazooka face à de lourdes réquisitions
Les avocats de l'ancienne ministre accusée de corruption dans l'affaire Renault-Nissan ont tenté d'affaiblir la démonstration du PNF sur du lobbying supposé à Bruxelles -
Machine arrièreChoc fiscal : 37 milliards déjà, et ce n'est pas fini...
Selon le nouveau bilan des prélèvements obligatoires dressé par l'Institut Rexecode, les hausses d'impôts enregistrées depuis la dissolution ont déjà annulé la moitié des baisses menées depuis 2014. Sans parvenir à faire diminuer le déficit public pour autant