La Société Générale met en cause la dérive solitaire d’un opérateur
Mise à l’amende hier par la Commission européenne sur l’Euribor, la Société Générale tient une ligne de défense déjà éprouvée avec l’affaire Kerviel. Peu après la publication de la décision bruxelloise, qui s’accompagne d’une amende de 445,9 millions d’euros, la banque française a livré sa version de l’histoire. Selon un communiqué, les agissements répréhensibles sur le taux Euribor, observés essentiellement entre mars 2006 et mars 2007, «sont pour la quasi-totalité le fait d’un opérateur».
«L’ensemble de ces agissements ont été réalisés à l’insu de sa hiérarchie et du management de la banque», poursuit l'établissement. L’opérateur en question, débarqué en 2009, s’est en outre «le plus souvent limité à répondre à la sollicitation d’un trader d’une autre banque», souligne Société Générale, qui «condamne avec la plus extrême fermeté ce type de comportement individuel (...)».
Aujourd’hui, la banque indique avoir «entièrement revu sa méthode de soumission des taux interbancaires pour se conformer strictement aux nouvelles normes édictées par les différents organismes et autorités concernés». Elle assure ainsi avoir renforcé les mécanismes de contrôle des contributions (double vérification), qui reposent sur une formule basée sur des opérations effectivement réalisées dans le marché. Si le contributeur décide de s'écarter de cette formule, il doit le justifier avec des méthodes pouvant être auditées. Par ailleurs, l'établissement a mis l’accent sur la gestion des conflits d’intérêts, avec un cantonnement des contributeurs.
L’Euribor-EBF devrait avoir terminé d’ici à la fin de l’année le chantier de la réforme de l’Euribor et pourrait lancer l’année prochaine un indice basé sur les transactions réelles. La Commission européenne a de son côté présenté des mesures visant à améliorer la qualité des données-sous jacentes et des méthodes utilisées par les administrateurs.
Pour l’heure, l’amende infligée à la Société Générale devrait se traduire dans les comptes du quatrième trimestre. La banque a gonflé ses réserves pour litiges de 200 millions d’euros au troisième trimestre, les amenant à 700 millions au total, ce qui lui procure une certaine marge de manœuvre, note Credit Suisse. Elle maintient en tout état de cause son objectif d’un ratio core tier one Bâle 3 proche de 10% en fin d’année.
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