La Société Générale met en avant son retour à la normale
Après le lourd héritage de l’affaire Kerviel et de la crise financière, la Société Générale veut afficher un nouveau profil. «Le modèle de la banque, tel qu’il est aujourd’hui, délivre de la croissance», a affirmé hier son PDG Frédéric Oudéa. Le bénéfice net comptable a presque triplé à 2,2 milliards d’euros, pour un bénéfice net récurrent qui progresse de 15,4% à 3,9 milliards.
Mais le signe le plus tangible d’une normalisation est la reprise d’une politique de dividende ambitieuse. Les dirigeants visent un taux de distribution de 40% au titre de l’année 2014, contre un taux de 27% proposé à la prochaine assemblée générale pour l’exercice 2013. Le signal a été capté 5 sur 5 par les investisseurs: l’action a clos la séance en hausse de 4,71%, à 46,35 euros.
Le nettoyage du bilan témoigne également d’un nouveau cycle. Frédéric Oudéa a annoncé le remboursement total des LTRO. Les actifs gérés en extinction (hérités de la crise) ne représentent plus que 700 millions d’euros fin 2013, contre 3,1 milliards en début d’exercice. Concernant la liquidité, le groupe a encore amélioré son ratio de crédits sur dépôts, qui atteint 104% en décembre 2013, contre 116% un an plus tôt et 130% en décembre 2011. Les ressources à court terme (par opposition aux ressources stables) ne représentent que 16% du bilan financé, contre 25% à la mi-2011. Le ratio de levier atteint, lui, 3,5%, et le ratio de fonds propres common equity tier one 10% fin 2013.
Reste à détailler les ambitions de la Société Générale, qui dévoilera son plan stratégique le 13 mai. Elle maintient l’objectif de 10% de RoE en 2015, «ce qui à ce stade paraît ambitieux» aux analystes de CM-CIC Securities. Il atteint 4,4% en 2013, mais 8,4% hors exceptionnels. Le groupe souligne l’avance prise dans le plan d’économies – 350 millions réalisés en 2013, contre 300 millions prévus, sur un total de 900.
L’établissement mentionne la bonne tenue de la banque de détail en France (+2,2% de PNB au quatrième trimestre) et en Russie (+39%). Mais les réseaux subissent une hausse des provisions importante en France, Russie et Roumanie, pour accroître le taux de couverture des créances douteuses. Les métiers de la BFI ont connu des fortunes diverses. Si le trading actions (+33,5% au dernier trimestre) a profité du rebond des Bourses, les taux et change reculent (-21%). L’année a été difficile en conseil en fusions-acquisitions et primaire actions, meilleure en primaire obligataire.
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