La Société Générale est sous pression pour réformer le statut de son PDG
Déjà critiquée ces dernières années par l’activiste français PhiTrust, la gouvernance de la Société Générale va faire l’objet de toutes les attentions de l’ACPR. La position publiée mercredi par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution remet en effet en cause le cumul des fonctions de président et de directeur général dans un établissement de crédit.
Le PDG de la Société Générale, Frédéric Oudéa, est le seul à le pratiquer parmi les grandes banques françaises cotées. Le texte de la tutelle précise des points de la directive européenne CRD4, qui sera transposée par ordonnance dans le code monétaire et financier, et revêt un caractère fortement incitatif.
Le statut de PDG ne sera «désormais plus possible que par exception et avec l’accord de l’ACPR». Celle-ci a publié la liste de critères sur lesquels elle fondera son analyse. Premier d’entre eux: «la nature et la variété des activités exercées ; plus celles-ci sont complexes et/ou diversifiées, moins une dérogation au principe de dissociation paraît appropriée», indique le superviseur. S’y ajoutent «la taille de son bilan, de son hors-bilan», «la présence à l’international», et la structure de l’actionnariat. «Par exemple, un actionnariat diversifié ou la cotation en Bourse d’une partie du capital impose en principe une dissociation», souligne l’ACPR. Autant dire que la Société Générale aura du mal à revendiquer un régime de faveur.
Le groupe avait séparé la présidence et la direction générale au début de la crise financière avant de les réunir à nouveau en 2009 lorsque Frédéric Oudéa a succédé à Daniel Bouton. «Nous sommes en contact avec l’ACPR pour étudier les modalités et les délais d’application de la directive européenne, a indiqué hier un porte-parole. Toute éventuelle évolution de la gouvernance du groupe à terme sera envisagée de manière ordonnée».
L’ACPR a également publié deux autres textes: le premier, sur la fonction de «dirigeant responsable» qui ne peut plus être exercée par le président du conseil, le second, sur les conditions dans lesquelles le statut de société anonyme simplifié (SAS) peut être utilisé dans les banques. Cette dernière position n’aura cependant pas d’effet sur la SAS La Boétie, la holding de contrôle qui porte la participation des caisses régionales dans Crédit Agricole SA, indique-t-on à la Fédération nationale du Crédit Agricole. La structure n’est pas un établissement de crédit assujetti à CRD4.
Plus d'articles du même thème
-
Ubisoft s'attend à une nouvelle année difficile
L'entreprise de jeux vidéos a annoncé des prévisions en baisse en attendant des sorties de jeux plus importantes lors de son année 2027-2028. -
Le marché de l’immobilier de bureaux piétine toujours
Les grandes transactions manquent encore pour relancer vraiment le marché locatif, à part dans le quartier de La Défense où elles semblent repartir. Le marché européen suit à peu près les mêmes tendances. -
JPMorgan Private Bank croit aux actions émergentes et au thème de la défense
Dans le cadre de ses perspectives d’investissement mondiales de mi-année, la banque privée plébiscite une exposition sur les marchés émergents qui sortent d'une très belle année 2025 ainsi qu'au secteur de la défense poussé par la multiplicité des conflits mondiaux.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF confirme son rebond début mai
- La Société Générale écope d’une amende de 20 millions d'euros pour défaut de conseil en assurance et vente systématique
- Anne Hiebler (CACIB) : «Le M&A est un métier très exigeant qui nécessite un important engagement personnel»
- Indosuez Wealth écope d'une amende de plus de 13 millions d'euros en Espagne
- Alphabet et Amazon se financent aux alpine bonds
- La famille Seydoux devra payer le vrai prix pour son offre publique de retrait sur Gaumont
Contenu de nos partenaires
-
EXCLUSIF RévélationOpération vérité sur les retraites des fonctionnaires
Le ministre des Comptes publics, David Amiel, veut bouleverser la présentation des comptes de l'Etat pour mieux faire apparaître le vrai coût financier de la retraite des fonctionnaires. Voici comment -
MéfiancePourquoi le deal commercial entre les Européens et Trump demeure fragile
La procédure avance du côté européen mais des embardées ne sont pas exclues, loin de là -
PortraitRetraites : Jean-Pascal Beaufret, le choix de la plume face à « un déni de réalité »
L’ancien inspecteur des Finances alerte depuis 2022 sur le manque de transparence des comptes publics. Rare voix à s’élever sur le sujet, sa thèse suscite la curiosité de la classe politique.