La Société Générale cadre sa première rupture conventionnelle collective
Fin novembre, la Société Générale avait annoncé 300 fermetures d’agences supplémentaires d’ici à fin 2020 et la suppression de 900 postes de front office dans son réseau de banque de détail en France (BDDF). Pour gérer cette restructuration, la banque a présenté le 20 février aux organisations syndicales un projet d’accord social applicable à compter du 1er juin. La signature des syndicats est espérée dans les tout prochains jours.
Alors que le groupe s’engage à ne procéder à aucun licenciement contraint dans le réseau France sur la période, le texte met en place une rupture conventionnelle collective (RCC), la nouvelle procédure permise par la loi travail depuis fin 2017. «Les collaborateurs directement concernés par les objectifs de suppression de postes» y seront éligibles, en premier lieu les directeurs d’agence et les chargés d’accueil (1.235 postes à supprimer d’ici à 2020). En revanche, «compte tenu des besoins en pourvoi de postes particulièrement importants en région parisienne», la plupart des salariés franciliens seront exclus de la RCC.
Les indemnités seront de 0,6 mois de salaire par semestre d’ancienneté pour les salariés qui voudraient partir dès qu’ils auront appris que leur poste va être supprimé. Elles passent à 0,8 mois en cas de départ différé à la demande de la direction, et à 1,2 mois pour un départ à la date de suppression effective du poste. Les plafonds d’indemnité sont de 24 mois de salaire dans les deux premiers cas, et de 30 mois dans le troisième. Par ailleurs, des départs anticipés en retraite seront possibles 48 mois avant la retraite à taux plein pour les postes supprimés en 2018 et 2019, et 36 mois pour le «millésime» 2020. Une charge de 400 millions d’euros, intégrant d’autres éléments, a déjà été enregistrée au dernier trimestre 2017.
Au total, depuis 2016, la Société Générale a annoncé 3.450 suppressions de postes d’ici à fin 2020 dans son pôle BDDF. Il lui en reste 2.135 à mener. Le groupe met aussi en avant sa politique de recrutement. La banque se fixe «pour objectif de recruter, pour l’année 2018, 2.000 collaborateurs en contrat à durée indéterminée dont 400 jeunes de moins de 26 ans. Elle veillera à s’inscrire dans une démarche similaire sur les années 2019 et 2020», souligne le projet d’accord. Des aides à la mobilité interne sont prévues, ainsi qu’un objectif de formation «d’un million d’heures d’ici 2020» pour la banque de détail en France.
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