La Société Générale accentue son recentrage
La Société Générale n’est pas avare en réorganisations. Elle s’est engagée hier dans «une nouvelle phase de son plan Ambition SG 2015 pour conforter son modèle de banque universelle». Annoncé par Frédéric Oudéa, son PDG, le projet prévoit de créer trois pilers. Objectif: encourager les synergies. Il sera piloté par Séverin Cabannes, directeur général délégué.
Premier pilier, la banque de détail en France restera inchangée. Un deuxième pilier sera formé par le rapprochement du pôle services financiers spécialisés (SFS) et assurances avec les réseaux internationaux. Bernardo Sanchez-Incera, DG délégué supervisant la banque à l’international, explique que «le potentiel de ces activités se situe dans les marchés internationaux, situés hors zone euro ». La direction de ce pôle sera assurée par le tandem Jean-Luc Parer, directeur de la banque de détail internationale depuis septembre 2012, et Didier Hauguel, directeur des SFS et assurances depuis 2009.
Le troisième pilier, dirigé par Didier Valet, regroupera la banque de financement et d’investissement (BFI) et le pôle banque privée, gestion d’actifs et services aux investisseurs. Ce dernier a déjà été largement amputé par la création d’Amundi avec le Crédit Agricole, dans lequel la Société Générale ne détient que 25%. Jacques Ripoll, jusque-là directeur des gestions et des services aux investisseurs, fait les frais de cette réorganisation et va quitter le groupe – selon Reuters, il aurait décliné le poste de directeur financier laissé vacant par Bertrand Badré et qui sera occupé par Philippe Heim à partir du 1er mars.
La direction n’a pas donné d’autres précisions, les discussions avec les partenaires sociaux venant de débuter. Mais il est évident que la nouvelle organisation devra montrer sa capacité à générer des revenus, après une cure d’amaigrissement menée tambour battant depuis l’affaire Kerviel, la crise financière, puis celle de l’euro. La Société Générale a en effet indiqué hier avoir cédé pour 35 milliards d’euros d’actifs depuis la fin juin 2011, achevant son plan de cession de crédits et réduisant son portefeuille d’actifs spéculatifs (high yield) gérés en extinction à 3,1 milliards d’euros. Reste que le rendement des fonds propres du groupe n’a atteint que 7,3% en 2012, nettement en-deçà de son coût du capital, situé aux alentours de 11-12%.
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