La réputation de Deutsche Bank est mise à mal du fait de sa gestion de la crise
La réputation de rectitude allemande risque d’être écornée. Si l’on en croit les informations du Financial Times, Deutsche Bank, symbole de la puissance de financement allemande, n’aurait évité un plan de sauvetage de la part Berlin durant la crise, à l’instar de nombre de ses consœurs, qu’en ayant « omis » de rapporter près de 12 milliards de dollars (9,2 milliards d’euros) de pertes latentes. Trois plaintes auraient ainsi été déposées par des anciens cadres du géant bancaire auprès des autorités internationales, dont la SEC américaine, l’accusant d’avoir délibérément sous-estimé, malgré leurs multiples alertes, une position indexée sur des produits structurés de crédit sur un portefeuille dont le montant notionnel total atteignait quelque 130 milliards de dollars.
Une valorisation des positions en «mark to market» aurait fait chuter ses capitaux, au moment où les marchés ont brutalement chuté en 2008, à des niveaux nécessitant une recapitalisation immédiate par l’Etat allemand, selon le journal. En outre, deux des trois ex-cadres de l’établissement font état d’une valorisation erronée d’assurance fournies en 2009 par Berkshire Hathaway, la société de Warren Buffett.
Eric Ben-Artzi, qui fut chargé de la gestion des risques chez Deutsche Bank, aurait été licencié trois jours après avoir porté plainte auprès de la SEC. Matthew Simpson, un ancien trader de la banque, aurait quant à lui réussi à négocier un arrangement lui assurant 900.000 dollars en contrepartie de l’abandon de ses poursuites. Le troisième plaignant, qui travaillait dans la gestion des risques et ne souhaite pas être nommé, aurait quitté la banque volontairement après avoir déposé plainte auprès de la SEC.
Dans un communiqué, Deutsche Bank estime que ces allégations «infondées» remontent à plus de deux ans et «proviennent de personnes sans connaissance personnelle, ou responsabilité dans les éléments et informations cités». L’enquête de la SEC a débuté en mai 2010, sans qu’il soit clair si elle est toujours «active».
Deutsche Bank a été l’une des rares banques à avoir traversé la crise financière sans avoir besoin de recourir à l’aide de l’Etat. L’établissement a certes encaissé une perte de 3,9 milliards d’euros en 2008, mais l’intense campagne de communication orchestrée dès 2009 par son directeur général, Josef Ackermann, a permis un rétablissement spectaculaire du cours de l’action de 16 euros en janvier à 39 euros fin avril, juste après la publication d’un retour à un bébéfice trimestriel avant impôts de 1,8 milliard d’euros.
Plus d'articles du même thème
-
Alphabet précède l’émission obligataire de Meta sur le marché euro
La maison mère de Google a réalisé lundi sa quatrième transaction obligataire sur le marché euro en un an et demi. Meta devrait suivre en dollar et en euro pour une transaction inaugurale sur six tranches. -
Ryanair réfléchit à de nouvelles pistes de réduction de coûts
Malgré une croissance de 4% de son chiffre d’affaires trimestriel, la hausse des prix du kérosène a entraîné un repli de 6% de son bénéfice après impôts. -
L’Italie veut instaurer l'exit tax pour retenir les millionnaires
Calquée sur le modèle français avec quelques nuances, la proposition de taxe concerne les titulaires d’un patrimoine financier supérieur à 800.000 euros qui seraient tentés par un départ de la Grande Botte.
ETF à la Une
BlackRock accélère le développement de sa gamme d’ETF obligataires actifs
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
Contenu de nos partenaires
-
Voie sans issue« Ils ne tiennent plus le manche » : le budget de Sébastien Lecornu s’enfonce dans l’impasse
Avec la stagnation de l’économie française, même le délicat scénario des ordonnances ne suffira plus à réduire le déficit à 5 % du PIB en 2027, malgré 43 milliards d’efforts. Bercy mise encore sur un accord de non-censure après un 49.3 -
EditorialLFI, le mensonge au quotidien
Les émules de Donald Trump ne sont pas toujours ceux que l’on croit -
ConcessionSous pression, Londres révise quelques règles de son immigration au mérite
Le gouvernement travailliste cherche à contrôler l'immigration, après la vague d'arrivées légales consécutive au Brexit