La récession aux Pays-Bas incite ABN Amro à la prudence
La récession économique qui sévit aux Pays-Bas depuis la fin 2011 pèse sur les résultats des banques du pays. Après Rabobank, qui a annoncé jeudi dernier une chute de 29% de son bénéfice net trimestriel à 1,3 milliard d’euros, c’est au tour d’ABN Amro de s’inquiéter des conséquences de la crise.
Au deuxième trimestre, son bénéfice net a baissé de 13% à 341 millions d’euros, principalement en raison du quasi-doublement des charges liées à la dépréciation de son portefeuille de prêts. Celles-ci se montent à 367 millions d’euros pour le second trimestre, et sont principalement liées aux prêts accordés aux secteurs de la construction, de l’immobilier et de la distribution, les plus directement touchés par la contraction de l’activité aux Pays-Bas. L’économie néerlandaise devrait se contracter de 0,5% cette année, selon les dernières prévisions du gouvernement.
La situation devrait donc encore se compliquer dans les prochains mois. Gerrit Zalm, le directeur général d’ABN Amro, craint d’ailleurs une augmentation des provisions sur crédit, alors que la banque nationalisée en 2008 dégage 83% de son bénéfice d’exploitation aux Pays-Bas. Pour ne rien arranger, la nouvelle taxe bancaire instituée en juillet dernier devrait amputer les résultats de la banque de 100 millions d’euros. Au total, le gouvernement néerlandais espère récupérer 600 millions d’euros avec cette taxe.
Face à cette situation, la direction d’ABN Amro préfère rester prudente concernant le dividende. L’objectif de redistribuer 40% du bénéfice net annuel tient toujours, assure Gerrit Zalm. Toutefois, la banque renonce à verser un dividende intermédiaire. La décision sur le montant du dividende annuel ne sera prise qu’après lecture des résultats définitifs pour 2012.
Le plan de restructuration mis en œuvre dans le courant de l’été 2011, au prix de plusieurs milliers de suppressions de postes, a permis de réduire de 18% les charges de personnel au premier semestre, d’où la bonne tenue du résultat brut d’exploitation (+4% à 1,6 milliard) malgré une baisse de 2% des revenus nets d’intérêt et de 19% des commissions. ABN Amro affiche un ratio «core tier 1» à 11,9%, contre 10,7% fin juin 2011. Et le «core equity tier 1» (Bâle 3) s’élève à 9,3%.
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