La question de la scission d’UBS enflamme la Place helvétique
Une filialisation de la BFI, démentie par les dirigeants d’UBS, permettrait de limiter les conséquences d’une crise sur l'économie suisse
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Antoine Landrot
Après avoir mis en place les exigences en capital les plus strictes d’Europe pour son système bancaire, la Suisse préparerait-elle la séparation entre les métiers de financement et d’investissement (BFI) et les autres activités ? Selon le Wall Street Journal d’hier, l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (Finma) pousserait UBS à cantonner sa BFI dans une filiale située à l’étranger. Le directeur général de l’établissement Oswald Grübel a démenti: «il n’y a aucune discussion avec le régulateur concernant l’établissement d’une société en dehors de Suisse», ni projet de filialiser la BFI, a-t-il déclaré.
Derrière l’idée prêtée à la Finma, les responsabilités de la maison-mère suisse seraient limitées si la BFI filialisée était en difficulté. Les activités de marché sont par nature plus risquées que la banque de détail, la gestion d’actifs et la banque privée, ses autres métiers. Elles avaient d’ailleurs failli provoquer la chute du groupe pendant la crise financière.
Etant donné que la BFI d’UBS génère peu d’emplois en Suisse (le gros de l’activité est exercé depuis Londres, New York et l’Asie), les autorités limiteraient les conséquences d’une faillite sur l’économie helvète. Le régulateur se situerait du côté de ceux qui, aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, défendent l’idée d’une scission (dans une application stricte de la loi américaine) ou d’une filialisation (possibilité citée dans le rapport Vickers en Angleterre) entre les activités de marché et de détail.
Au-delà de la réalité du projet, se pose la question de l’efficacité d’une telle mesure. Aujourd’hui, le siège est in fine solidaire des entités du groupe. Mais «dès qu’une filiale dispose de capitaux propres, une maison-mère peut tout à fait couper ses liens et la laisser déposer son bilan: la responsabilité des actionnaires est limitée à leurs apports en capital», avance Christophe Nijdam, analyste chez Alphavalue et ancien banquier.
La BFI filialisée devrait alors satisfaire indépendamment aux critères de Bâle 3. «Le coût de refinancement sur le marché serait supérieur et demanderait davantage de rigueur. Mais si les banquiers font leur travail correctement, il n’y a pas de raison que les risques soient plus grands. C’est le modèle de Goldman Sachs ou Morgan Stanley. En revanche, une telle séparation serait rassurante pour les déposants», appuie Christophe Nijdam.
Interrogé par Les Echos sur la crise de confiance «inédite» que traverse le marché du crédit privé aux Etats-Unis, Justin Muzinich, PDG de la société d’investissement Muzinich & Co, spécialisée en la matière, estime qu’il s’agit «du cycle financier habituel» où «l’abondance nourrit les excès» et certains «perdent de vue la relation entre risque et rendement». S’il estime que «des opérations méritent d'être passées au crible dans le secteur de l’assurance aux Etats-Unis», le marché du crédit privé «n’est pas assez important pour causer un risque systémique». Il ajoute que les limites de retraits imposées dans certains fonds semi-liquides vendus aux particuliers n’a rien de surprenant, les fonds ayant appliqué leurs règles de fonctionnement.
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