«La prochaine étape logique de la réglementation européenne serait une union d’assurance»
- L’Agefi : Quelle est votre réaction à l’accord sur Solvabilité 2 ?
- Denis Kessler : Nous avons enfin un calendrier mais il faut encore que le texte soit voté par le Parlement européen et approuvé par le Conseil des ministres de l’Union européenne. C’est une réforme souhaitable car l’autorisation d’un modèle interne favorise une meilleure gestion des risques. Le texte apporte par ailleurs des réponses aux inquiétudes qui s’étaient exprimées au sujet de ses versions précédentes en comportant des avancées sur le traitement de l’assurance vie pour éviter une volatilité excessive. La prochaine étape logique de la réglementation européenne serait de créer, sur le modèle de l’union bancaire, une union d’assurance. Il paraît fondamental aujourd’hui d’avoir une unité de jurisprudence et de supervision des assureurs au niveau européen.
- Où se situe Scor sur le plan de la solvabilité ?
- Scor poursuit un objectif double : à la fois sur le plan de la solvabilité et de la rentabilité. Il faut trouver un point optimal entre les deux. Notre ratio optimal de solvabilité est compris entre 185% et 220% (calculé selon le modèle interne comme le niveau de capital disponible rapporté au SCR, ndlr). Et l’objectif est cohérent avec notre second objectif consistant à viser à l’échelle du groupe, un objectif de rentabilité (RoE) supérieur de 1.000 points de base au taux sans risque sur la durée du cycle. Nous sommes dans une position solide puisque notre ratio de solvabilité se situe actuellement à 221%. S’il venait à dépasser sensiblement la fourchette optimale, nous envisagerions des mesures de redéploiement du capital.
- Comment le groupe peut-il préserver sa position ?
- Parallèlement à une appétence au risque contrôlée et à une protection du capital efficace au travers du recours à la rétrocession, aux cat bonds ..., Scor a fait le pari gagnant de la diversification, un principe qui est désormais pleinement reconnu avec Solvabilité 2. En maintenant une répartition optimale entre nos activités - aujourd’hui 46% en non-vie et 54% en vie (en termes de primes, ndlr) - nous économisons 28% de capital. Par ailleurs, nous avons procédé à un rééquilibrage géographique en trois ans, les Amériques, Asie et le reste du monde représentant 60% de l’activité contre 40% pour l’Europe. L’acquisition de Generali US illustre cette évolution.
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