La prévoyance santé s’est placée au centre des stratégies dans l’assurance

Dans ce domaine, les bancassureurs ont progressé beaucoup plus rapidement que leurs concurrents spécialisés
Antoine Landrot

Alors que les métiers traditionnels de l’assurance vie et dommages (ou IARD) ont connu des évolutions difficiles ces dernières années, la prévoyance santé s’est imposée comme un relais de croissance et de rentabilité pour le secteur en France.

Selon le baromètre du cabinet Facts & Figures (F&F) publié vendredi, la période 2005-2010 a été le témoin d’un glissement de l’activité en faveur de la prévoyance santé. Cette activité est celle qui a connu la plus forte progression. Selon F&F, son produit net d’assurance (PNA) a crû de 7,1% en moyenne annuelle, contre 2,8% en épargne vie et 2,4% dans l’IARD.

Le taux d’équipement, la rentabilité de ces deux métiers ont souffert. «L’IARD accuse le recul le plus sensible: ce marché a perdu 5,7 points de RoE [rendement des fonds propres, ndlr] entre 2005 et 2010, passant de 12,6% à 6,9%», indique Cyrille Chartier-Kastler, fondateur de F&F. En vie, la baisse atteint 3,1 points, à 7%. Dans ce contexte, les bancassureurs apparaissent comme les concurrents les mieux armés pour capter l’engouement pour la prévoyance santé. Entre 2005 et 2010, ils ont sans hésitation particulièrement levé le pied en épargne vie.

Leur PNA dans ce secteur n’a progressé que de 2% par an en moyenne, contre 7,5% en dommages et 10,7% en prévoyance santé.

Les mutuelles sans intermédiaires (Macif, Maaf, Maif, GMF, Matmut…) sont parvenues à compenser leur stagnation en dommages (1,7%), leur cœur de métier, par une activité redoublée en prévoyance santé (+9%). En revanche, la croissance est plus faible sur ce métier pour les assureurs «traditionnels» (Axa, Groupama, Allianz…): +4,7% par an.

L’avantage concurrentiel dont jouissent les banques devrait durer: les exigences de liquidité des règles prudentielles de Bâle 3 les encouragent à délaisser l’assurance vie pour privilégier la collecte d’épargne de bilan. Elles peuvent dès lors consacrer leur énergie aux métiers de l’assurance les plus rentables, d’autant mieux qu’«elles savent piloter leurs résultats et sélectionner les risques et qu’elles ont la capacité à justifier les prix qu’elles pratiquent», souligne Cyrille Chartier-Kastler.

Toutefois, si le marché de la prévoyance santé est porté par le faible taux d’équipement des ménages, les années à venir seront probablement moins fastes que les précédentes, estime le consultant: «les acteurs ne pourront plus faire porter au client les tarifs d’aujourd’hui au regard de la capacité financière des ménages qui plafonne».

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