La Pologne mène son premier sauvetage bancaire
Tout ça pour ça. L’édifice patiemment construit de l’Union bancaire n’a pas mis un terme au renflouement public des banques de l’Union européenne (UE). En quelques semaines, deux pays de la zone euro ont dérogé aux règles censées éviter le recours à l’agent du contribuable : l’Allemagne, au chevet de NordLB, et l’Italie avec Banca Popolare di Bari.
Ces deux exemples pourraient dissuader les autres pays de l’UE de converger vers un mécanisme de résolution unique. Et les encourager à poursuivre leurs logiques nationales. Ainsi, la Pologne a mené ce week-end son premier sauvetage bancaire, en enclenchant son propre schéma de résolution. Le fonds de garantie bancaire polonais (FBG) a annoncé vendredi qu’il allait prendre le contrôle de la deuxième banque coopérative du pays, Podkarpacki Bank Spoldzielczy (PBS).
Basée dans le Sud-Est de la Pologne, PBS n’atteint plus le niveau de fonds propres requis pour ses 2,8 milliards de zlotys (660 millions d’euros) d’actifs. « PBS était menacé de faillite » et sa « restructuration forcée […] était nécessaire dans l’intérêt public », indique un communiqué du BFG, qui ne précise pas la cause de ces déboires.
Au cours du week-end, les actifs de l’établissement devaient être transférés vers une structure relais contrôlée par le BFG. Sont concernés « tous les dépôts des clients de détail, des micro-entreprises et des PME, ce qui garantit leur sécurité ». En cas de faillite, les dépôts des particuliers n’auraient été couverts qu’à hauteur de l’équivalent, en zlotys, de 100.000 euros par client, comme ailleurs dans l’UE. Ceux des collectivités et des grandes entreprises auraient été entièrement perdus. Le sauvetage public permet donc de protéger « une partie importante des dépôts des collectivités locales », indique le BFG, sans donner de pourcentage.
En revanche, le BFG ne précise pas clairement le sort des sociétaires et des créanciers de la banque coopérative. La restructuration de PBS pourrait avoir un impact sur la capacité des banques polonaises à lever de la dette, notamment celle éligible au MREL (minimum ratio of eligible liabilities), estime Kamil Stolarski, un analyste de Santander cité par Bloomberg.
Chez PBS, les opérations bancaires en agence et en ligne et les cartes de paiement ont été temporairement suspendues. La reprise de l’activité est prévue ce mardi. La Commission européenne a été informée de plan de résolution.
Plus d'articles du même thème
-
L’IA générative s’interpose de plus en plus entre la banque et ses clients
L’IA générative devient partie intégrante des prises de décisions des clients bancaires et les usages évoluent vite, bousculant les modèles d’affaires des banques de réseaux généralistes. Si elles n’intègrent pas rapidement des agents IA dans leurs parcours, ces derniers pourraient devenir de nouveaux concurrents. -
A son tour, Barclays annonce des suppressions d’emplois sous couvert d’IA
La banque britannique, pénalisée par le trading obligataire, publie des résultats trimestriels en demi-teinte. Elle annonce un nouveau programme de rachat d’actions à hauteur de 500 millions de livres sterling. -
Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
Les groupes mutualistes, BPCE, le Crédit Agricole et le Crédit Mutuel, réalisent l’immense majorité de leurs revenus dans l’Hexagone. Les banques non mutualistes, BNP Paribas et la Société Générale, sont moins exposées mais la France demeure de loin leur premier marché alors que la situation du pays inquiète avec un taux souverain à dix ans qui vient de passer les 5%.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
- Le taux souverain français dépasse 5%
Contenu de nos partenaires
-
IdiocratieParcoursup ou le tabou français de la sélection
Le gouvernement promet de réformer Parcoursup en 2027 avant de remplacer la plateforme en 2028. Derrière la mobilisation lycéenne, une bataille plus profonde se joue : celle de la sélection et de la valeur des diplômes -
Victoire à la PyrrhusBrésil : pourquoi le nouveau mandat de Lula s'annonce difficile
Le président brésilien de gauche peut se réjouir de sa spectaculaire remontada mais la forte progression du nombre de parlementaires bolsonaristes devrait compliquer son mandat -
EditorialVive la sélection à l’université !
Dans une société qui postule la singularité de chaque individu, la sélection ne peut pas ne pas exister. Et ce n’est pas une mauvaise chose