La Place de Paris doit cibler ses priorités post-Brexit
Pour gagner la bataille du Brexit, la Place de Paris oscille entre «deux discours» : l’autopromotion des «atouts» français et des «revendications» multiples «à l’aube du changement de gouvernement», regrette le sénateur LR Philippe Dominati. Face à la liste des doléances, «quelles sont vos deux-trois revendications ?, a-t-il demandé hier aux acteurs de la finance parisienne auditionnés au Sénat. La taxe sur les transactions financières, les indemnités de licenciement, la taxe sur les salaires, les charges sociales… ?» La séance de la commission des Finances n’a permis de trancher ni ce sujet, ni celui des conséquences concrètes de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.
Chacun a fait entendre sa petite musique. Pour René Proglio, président de Morgan Stanley France, l’aménagement du régime des impatriés voté l’an dernier n’aura pas d’effet. A Wall Street, «les managers répondent à des critères de rentabilité pour leurs actionnaires, [et ne s’intéressent] pas au fait que les gens soient heureux ou pas, écrasés d’impôt ou pas», déclare le banquier, très incisif. En revanche, «la vraie compétition est avec Francfort» et «ce qui nous handicape, c’est les charges sociales patronales», estime René Proglio. Il critique aussi le droit du licenciement en France, même s’il serait «pire» en Allemagne.
Pas mal d’idées fausses
«Nos métiers ont besoin d’une très grande flexibilité, abonde Jean-Frédéric de Leusse, président du directoire d’UBS France. Chaque année, je supprime dix emplois dans un secteur et j’en crée dix ailleurs […] Les suppressions d’emplois à Londres c’est trois jours, en Suisse c’est trois mois et à Paris trois ans !».
Seule la Fédération bancaire française (FBF) fournit une comparaison des coûts du travail en s’appuyant sur les données, très générales, de COE-Rexecode. Si les charges sociales sont «quasiment égales» pour un Smic, le coût des «deux ingénieurs» en France équivaut à celui de «trois ingénieurs» en Allemagne, affirme Marie-Anne Barbat-Layani, directrice générale de la FBF. Odile Renaud-Basso, directrice du Trésor, indique que des «missions plus spécifiques» sont en cours sur le droit du travail «pour faire le bilan de la réalité» et balayer «pas mal d’idées fausses».
Par ailleurs, «les discussions sur la localisation de l’EBA vont commencer», ajoute la représentante du Trésor. Pour le moment, le siège de l’Autorité bancaire européenne est à Londres, hors zone euro.
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