La Place de Paris devrait créer 8.000 emplois dans la finance en 2011
Deuxième pôle de gestion d’actifs, Paris a connu un recul de ses effectifs dans la finance de 5.000 emplois, alors que Londres en perdait 94.000
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Patrick Aussannaire
La Place de Paris résiste à la crise financière. Alors que la City a perdu 94.000 emplois dans les métiers de la finance entre 2008 et 2010, le recul a été bien moins marqué à Paris, autour de 5.000 emplois, a relevé hier Arnaud de Bresson, délégué général de Paris Europlace lors d’une conférence organisée par le site de recrutement spécialisé eFinancialCareers.fr. Le bassin d’emploi dans la région Paris Ile-de-France est cependant plus réduit, avec 150.000 emplois financiers purs (310.000 avec la banque de détail) contre 319.000 à Londres.
Malgré ce repli durant la crise, Paris a enregistré une croissance moyenne annuelle de ses effectifs de 10% entre 2003 et 2009, et a créé 14.000 nouveaux emplois en 2010. Elle devrait en créer 8.000 autres en 2011, selon Paris Europlace. Les métiers du contrôle des risques, des fusions-acquisitions et de la banque d’investissement tirent les embauches. Le secteur pèse près de 5% du PIB français et 6,4% du PIB de la région Ile-de-France, contre 15% en Grande Bretagne.
Si une étude du Xinhua-Dow Jones International Financial Centers place Paris comme la cinquième place financière mondiale et la première en Europe continentale, elle reste néanmoins peu compétitive face au marché londonien dans les métiers de la banque de financement et d’investissement (BFI). Et l’exemple d’Exane, qui compte diriger à Londres l’intégralité des 200 recrutements prévus dans les 3 à 5 prochaines années pour se renforcer dans l’intermédiation actions, est significatif de cette tendance. Il ne s’agit pas seulement de recruter majoritairement à la City, puisque la filiale de BNP Paribas compte également transférer une partie de ses équipes parisiennes vers Londres.
Mais Paris n’a pas dit son dernier mot. Deuxième pôle de gestion collective au monde, et captant 35% des émissions d’obligations corporates en euros et 25% du marché mondial des dérivés actions, le marché parisien compte cultiver sa spécificité de «place complète» selon Arnaud de Bresson, et de «culture de marque» (telles que Carmignac ou Amundi) comme l’indique Arnaud Chrétien, fondateur de la société de gestion Aequam Capital et à l’initiative de «Quant Valley». S’il s’agit pour l’heure d’un projet embryonnaire qui réunit huit sociétés de gestion quantitative pour un total de 5 milliards d’actifs, il a pour ambition de faire de Paris la «cité des ‘quants’» en 2020.
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