La notation des banques est sous le joug d’un « monde qui change »
Fitch a souhaité prendre dans un nouveau rapport de la hauteur en fin de semaine dernière sur le maelstrom qui agite le secteur bancaire. Les notations des établissements financiers à travers le monde sont-elles en effet encore cohérentes face à un «monde qui change», sous la pression entre autres de perspectives de croissance économique moroses, du risque souverain en Europe, des «coûts et des ambiguïtés» d’un cadre réglementaire mouvant ou d’interrogations sur la pertinence des modèles de développement des banques ?
Si ces thèmes ont de quoi affecter la notation des banques sur le long terme, en particulier les plus importantes et les mieux notées, Fitch estime que le nombre d’émetteurs en catégorie «AA» pourrait tout prochainement être réduit au bénéfice de la catégorie «A». Cet avertissement pourrait être mis en pratique dès la levée de la mise sous surveillance avec implication négative infligée vendredi par l’agence à une douzaine d’établissements. Les banques universelles mondiales et les banques d’investissement sont particulièrement visées, au regard d’une exposition plus grande aux marchés de capitaux et d’une dépendance au financement de gros à court terme.
Parmi les notations sous revue, que Fitch espère lever «rapidement», figurent celles de viabilité de BNP Paribas, du Crédit Agricole ou de la Société Générale. Ainsi que la note de défaut émetteur à long terme des deux premières et celle de la Banque fédérative du Crédit Mutuel (toutes trois à «AA-»). Celle de la Société Générale («A+») étant déjà égale à la note de soutien plancher attribuées aux banques françaises. Fitch se montre soucieuse de l’exposition à la dette périphérique, particulièrement italienne, qui renforce les attentes du marché pour des recapitalisations. Les récentes annonces sur les ajustements de bilan, qui devraient permettre selon l’agence une progression des ratios prudentiels, pourraient ne pas suffire à dissiper les craintes.
Standard & Poor’s partage des craintes similaires. L’agence a abaissé la note à long terme de BNP Paribas de « AA » à « AA-». Elle a également exprimé une inquiétude plus profonde en dégradant l’ «évaluation du risque pays pour l’industrie bancaire» (Bicra) de la France (AAA/Stable/A-1+) de groupe 1 à groupe 2 en raison de pressions plus fortes sur le financement et de la hausse continue des prix immobiliers.
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